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Souvenirs musicaux d'Abitibi

Comme des milliers de mélomanes, Métro s’en est donné à cœur joie cette année au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME). Voici un bref résumé de ce qui a retenu notre attention au cours des derniers jours. Pour un compte rendu complet des différents concerts auxquels nous avons assisté, rendez-vous au journalmetro.com sous l’onglet FME.


Un mix éclectique en ouverture

Les organisateurs ont joué d’audace en combinant les forces de Vincent Vallières, de Gatineau et de Pass­words en ouverture du 9e FME jeudi. Le quintette montréalais Passwords a sonné la charge à 20 h avec son rock psychédélique. Dans un tout autre registre, Gatineau a enchaîné avec ses rythmes hip-hop entraînants au possible et ses textes provocateurs (Dégage) et comiques (Toutes dépenses payées, un hymne aux Tanguy de ce monde). Vallières a pour sa part enfilé les titres rassembleurs qu’on ne peut écouter sans taper du pied : Le monde tourne fort, En attendant le soleil, Le temps est long, etc. Au rappel, le chanteur a joué l’incontournable On va s’aimer encore, dont les premières notes ont suscité un déferlement de téléphones cellulaires dans les airs.

Socalled, un savant fou
Tour de magie, délire à l’accordéon, fruit exotique dans les pantalons… Socalled a mis le feu au Petit théâtre vendredi. Le DJ-rappeur du Mile End ressemblait à un savant fou derrière ses machines. Pendant une heure, il s’est prêté à des déhanchements saccadés sur les rythmes schizophrènes de son répertoire composé d’échantillonnages en tous genres : hip-hop, dance, folk traditionnel, R’n’B, soul… Avant d’entonner UNLVD, l’un des rares titres en français de l’excellent Sleepover, le sympathique bidouilleur a même sorti une banane de ses culottes!

Patrick Watson crée la surprise

Patrick Watson a pris la capitale nationale du cuivre par surprise samedi. Le chanteur, dont le nom ne figurait pas au programme du FME, a livré une prestation d’une quarantaine de minutes en plein air, aux abords d’une track de chemin de fer désaffectée. Seul au piano, l’artiste a donné un avant-goût d’un nouvel album à paraître sous peu. Hormis les cris des enfants qui s’amusaient sur les rails, c’est dans un silence ultra respectueux qu’il a entonné ses compositions inédites, lesquelles s’inscri­vent dans la continuité de ses précédentes offrandes : harmonies vocales éth��rées, facture impressionniste, univers onirique réconfortant.

Le labo de Marie-Jo
Dimanche, Marie-Jo Thério a clôturé le rendez-vous sur une note pour le moins expérimentale. Devant un public fort attentif, l’Acadienne a interprété les chansons de son premier CD en anglais, Chasing Lydie, dans une formule laboratoire. La chanteuse a présenté ce work in progress avec toute l’intensité et la fougue qu’on lui connaît. Oublions les pépins techniques et les jams durant lesquels on avait l’impression d’assister à la création d’effets sonores pour un film d’animation. Nous préférons retenir les moments d’émotion, ceux où la Thério déployait sa majestueuse voix au-dessus des tourbillons phoniques créés par ses nouveaux complices, tous vêtus de sarraus blancs.

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