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5 nouveautés culturelles pour la réconciliation

Le documentaire «Sur les traces d'Anachnid» sera présenté à l'antenne d'ICI ARTV. Photo: Gracieuseté Radio-Canada
Naomie Gelper, Caroline Bertrand et Constance Cazzaniga

En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, les journalistes de Métro vous proposent des coups de cœur culturels qui invitent à réfléchir aux réalités des communautés autochtones du Québec et du Canada, mais aussi à s’émouvoir devant leur résilience et leur sens artistique.

À contresens du vent

Toute sa vie, l’auteur-compositeur-interprète innu Florent Vollant a eu l’impression d’aller à contresens du vent, mais c’est aussi, selon lui, ce qui l’a rendu fort. Ninanimishken, qui signifie «je marche contre le vent», est le titre de l’autobiographie dans laquelle le musicien raconte son histoire. 

Dans ce premier livre écrit au «je», Florent Vollant se remémore son enfance nomade (entre la communauté de Maliotenam, sur la Côte-Nord, et la péninsule d’Indian Point, au Labrador), l’arrivée des agents du gouvernement et ses années au pensionnat, puis son retour parmi les siens et sa reconnexion avec ses racines innues.  

Fidèle à lui-même, l’artiste réussit à tirer du positif de son passage dans un pensionnat: c’est l’endroit où il débute son apprentissage de la musique.  

Avec ce livre comme avec sa musique, Florent Vollant veut rapprocher les gens. Parsemé de plusieurs textes de ses chansons, Ninanimishken est à lire avec comme trame sonore la douce voix du chanteur.  

Paru aux Éditions Flammarion Québec et disponible en librairie depuis le 19 septembre.

Sur les traces des talents autochtones avec Anachnid 

Dans le documentaire Sur les traces d’Anachnid, l’artiste multidisciplinaire oji-crie Anachnid parcourt la route de 900 kilomètres qui sépare Montréal et Maliotenam à bord de son autobus rose. Sur le chemin, elle nous fait découvrir quatre autres artistes des Premières Nations. 

Débutant son voyage dans la métropole où elle réside, la gagnante du Félix d’Artiste autochtone de l’année en 2021 rencontre tour à tour la chanteuse innue Kanen, le chanteur atikamekw Ivan Boivin-Flamant et l’autrice-compositrice-interprète huronne-wendat Eadsé à la maison longue de Wendake. Puis, elle croise l’étoile montante de la musique autochtone Scott Pien-Picard à la fin du périple, qui se termine à Uashat Mak Mani-Utenam. 

Les musicien.ne.s issu.e.s de diverses communautés autochtones du Québec font des ponts entre leurs racines et leur musique, qu’ils et elles nous font découvrir en interprétant quelques-unes de leurs chansons. 

Sur les traces d’Anachnid sera diffusé sur ICI ARTV le 30 septembre à 20h.

Hommage à la faune, la flore et l’héritage autochtone 

L’artiste britanno-colombienne métisse Daphne Boyer est phytologue; elle étudie donc la science des plantes. Ces dernières, tout comme la faune, occupent une place centrale dans l’exposition Fa…que à l’ambiance intimiste, voire introspective, un éclairage tamisé magnifiant individuellement les œuvres hyper colorées.  

Boyer conjugue tradition et modernité en alliant la technique ancestrale du perlage des femmes métisses et l’impression numérique en haute résolution. Les « perles » qui composent ses collages photographiques sont en fait des graines, baies, morceaux de fleurs, grains de maïs et autres matériaux organiques.  

Des surfaces de feuilles et des piquants de porc-épic en gros plan se répondent d’une composition à l’autre. Tous ces motifs naturels surdimensionnés créent des œuvres fascinantes, pour la plupart de grande taille, afin d’occuper symboliquement l’espace dont ont été privés les peuples autochtones. On sort de cette expo ressourcé, en ayant l’impression de s’être recueilli devant la nature et l’héritage autochtone de Daphne Boyer.  

Jusqu’au 8 octobre, au MAI (Montréal, arts interculturels).

Une histoire de réconciliation

Sorti plus tôt cette année, Nouveau-Québec, premier long métrage de Sarah Fortin, nous amène sur la Côte-Nord, au sein des Innus et des Naskapis. Coincé à Schefferville à cause d’un incident malheureux, un couple blanc montréalais est confronté à l’oppressante réalité autochtone et réagit de façon opposée. Là où lui prendra une position peu souhaitable, elle choisira la voie de la réconciliation.

Pour ce film qui offre de superbes images du territoire de Matimekush-Lac John et des alentours, la réalisatrice – qui a longtemps œuvré avec l’organisme Wapikoni mobile – a fait appel à des membres des communautés locales, dont l’acteur non professionnel Jean-Luc Kanapé, une véritable découverte.

Disponible sur Crave.

Des rencontres «sans réserve» 

Le balado Sans réserve offre des rencontres avec des personnalités issues des communautés autochtones ou alliées de celles-ci ayant toutes comme point commun leur engagement social. 

On compte des entrevues avec des personnes connues du grand public, comme l’autrice-compositrice-interprète Elisapie et le journaliste Michel Jean, mais aussi d’autres qui méritent d’être découvertes, comme la cinéaste Sonia Bonspille-Boileau et l’essayiste Lisa Koperqualuk. 

Autour d’une tasse de thé du Labrador, l’animateur Charles Bender et son invité.e ont une conversation conviviale qui suscite des confidences amusantes. Ainsi, on apprend, par exemple, que l’artiste Marc Séguin déteste IKEA et que, dans son enfance, la chanteuse Elisapie était la dernière choisie dans les cours d’éducation physique. 

À la fin de chaque entretien, le segment «bingo» (un jeu très populaire au sein des communautés autochtones) est également propice aux révélations, chaque balle correspondant à une question ouverte. 

Sur Radio-Canada OHdio.

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