Soutenez

L'ambitieux pari de Mario Pelchat

Pour souligner ses 30 ans de carrière, Mario Pelchat se paie un traitement habituellement réservé aux grosses pointures du rock international : le coffret de collection. Regroupant 15 CD (190 chansons), Je suis un chanteur est accompagné d’un livret de 64 pages comprenant découpures de journaux, photos d’archive et notes biographiques. Prix de détail : environ 120 $.

Quand on lui demande s’il existe un marché pour ce type d’objet au Québec, Mario Pelchat sourit. «C’est ce qu’on va voir», répond-il.

Après quelques secondes de réflexion, le chanteur poursuit : «On n’aurait pas pu lancer ce genre de truc il y a 20 ans, à l’époque où les gens se procuraient les albums. Pourquoi acheter l’intégrale quand tu as déjà tous les disques à la maison? Mais depuis l’avènement du web et du téléchargement en ligne, les disques se vendent beaucoup moins.»

Rapatrier sous un même toit trois décennies de chansons ne fut pas une mince affaire. Mario Pelchat a trimé dur pour mener cet ambitieux projet à terme, notamment lorsqu’il a fallu retracer les bandes maîtresses de La vie en bleu – Picasso, un spectacle mis en scène par Robert Hossein et présenté en Europe dans le cadre du 700e anniversaire de la principauté de Monaco en 1997. Le chan­teur y tenait le rôle du célèbre peintre Pablo Picasso. Au Québec, les négociations avec Sony Music Canada – détenteur des droits de ses albums lancés entre 1988 et 1995 – se sont bien déroulées, tout comme celles concernant ses deux microsillons parus chez Guy Cloutier en 1982 et 1983. «Guy nous les a donnés. C’était très généreux de sa part», souligne-t-il.

Mario Pelchat n’est pas étranger à ces questions d’ordre légal, car depuis une dizaine d’années, il porte également le chapeau de producteur, un rôle qui lui vole tous ses temps libres. Parmi ses plus hauts faits d’armes, citons ses propres opus (VII, Le monde où je vais), mais également ceux d’Étienne Drapeau, Cindy Daniel et Nadja, dont le nouveau disque de Noël vient de prendre la tête du palmarès des ventes au Québec. «Je savais que ça allait être un beau disque, raconte Pelchat. C’est une chanteuse extraordinaire qui travaille très fort. En studio, elle a sorti toutes les versions de Minuit Chrétiens qui ont été enregistrées pour s’assurer de ne pas les imiter!»

Parlant d’artiste qui ne chôme pas, Mario Pelchat ne ralentira pas le rythme au cours des semaines à venir. En plus de continuer sa propre tournée, il sera du spectacle Les stars chantent Noël, qui s’arrêtera à la Basilique Notre-Dame les 9 et 10 décembre.

Point tournant
En 1997, Mario Pelchat était mûr pour un changement. «Luc Plamondon m’avait offert le rôle de Phœbus dans la première distribution de Notre-Dame de Paris, mais j’avais refusé parce que, des chansons d’amour à l’eau de rose, j’en avais soupé. Pour me défaire de cette image de jeune prince, je devais jouer un contre-emploi : Quasi-modo.»

Le vœu de Pelchat s’est réalisé deux ans plus tard, alors qu’une seconde mouture de la comédie musicale s’ap­prê­­tait à voir le jour. «Je ne voulais plus jouer le  chanteur de char­me de service. J’avais l’impres­sion que toute ma carrière était bâtie là-dessus», dit-il.

Je suis un chanteur
Présentement en magasin

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.