Les Grammys d'Adele se souviennent de Whitney
Un voile de tristesse recouvrait cette 54e édition des Grammys, la mort de Whitney Houston, disparue à l’âge de 48 ans samedi matin, étant omniprésente dans les pensées de tous. Malgré tout, c’est un Bruce Springsteen pétant le feu qui a parti le bal avec l’énergique We Take Care of our Own. Un passage salué par la foule, qui a réservé au Boss une ovation debout bien méritée.
Impossible pourtant de poursuivre le party comme si de rien n’était. Après avoir salué Bruce Springsteen qui, «comme toujours, sait raconter notre époque», l’animateur de la soirée, LL Cool J, a parlé de ce qui était dans le cœur de tout le monde: «Il n’y pas d’autre façon d’aborder le sujet : une mort est survenue dans notre famille.» Puis, le rappeur a invité le public à se recueillir. «La seule chose qui semble appropriée dans des moments comme celui-ci, c’est une prière. Notre Père qui êtes aux cieux, merci d’avoir partagé notre sœur Whitney avec vous.»
Une fois ce moment touchant passé, le maître de cérémonie a joué au motivateur: «Il y aura des moments de ce spectacle dont nous nous souviendrons toute notre vie.» Comme pour marquer ces mots, des images de Whitney en robe blanche chantant I Will Always Love You ont été projetées. «C’est le pouvoir de la musique qui nous rassemble tous ici. Cette soirée est dédiée à quelque chose d’universel et salutaire: la musique!»
LL a également souhaité la bienvenue à Adele, chouchoute de la soirée, qui avait visiblement mis le public dans sa poche, bien avant de remporter ses six trophées. La magnifique demoiselle a d’ailleurs été quérir le premier d’une série de prix pour Someone Like You, sacrée Meilleure interprétation vocale pop de l’année. La belle auteure-compositrice-interprète, qui s’est récemment fait opérer à la gorge, a eu la classe de remercier ses médecins «qui lui ont redonné la voix».
Parmi les interprétations qui ont meublé la soirée, soulignons que le tandem improbable composé de Rihanna et Coldplay a fait un doublé avec We Found Love et Paradise. Étrange, mais ça allait.
Les Foo Fighters ont quant à eux offert une Walk énergique. La toune a d’ailleurs reçu le prix de la Meilleure interprétation rock, et Wasting Light, le disque dont elle est tirée, a récolté celui du Meilleur album de l’année. Dave Grohl s’est réjoui de la chose, soulignant que «plutôt que d’aller dans un studio fancy, on a fait ce disque dans mon garage». Voyez le chemin qui peut mener aux Grammys…
Côté hommages intéressants, Maroon 5 a interprété Surfer Girl, des Beach Boys et Foster the People, Wouldn’t It Be Nice… Correct, mais y a que les Beach Boys pour vraiment bien chanter les Beach Boys. Papapam! Brian Wilson et sa bande sont apparus et ont balancé Good Vibrations. Là tu parles!
Sinon, en rafale : une Taylor Swift coquette a offert un solo de banjo démoniaque (sic), une Katy Perry à la chevelure bleutée se l’est jouée futuriste sur une scène en feu. Mais rien n’a battu Adele, resplendissante et hyper distinguée, qui a livré un toujours juste «Rolling in the Deeeeep». Cela lui a valu une ovation sans fin, ainsi que des «wooo!» et des poings levés de la part de Rihanna et de McCartney.
LE clou de la soirée fut toutefois le moment où Jennifer Hudson a chanté I Will Always Love You, rendant un hommage senti et sobre à Whitney Houston. Malheureusement, juste après, un sévère instant de «kessé ça?!?!» a accompagné la performance de Nicki Minaj. Dans un évident effort de provocation, la starlette a chanté son tout nouveau «succès» Roman Holiday dans un décor de vitraux d’église, entourée de moines et de prêtres dansants. Eh boy.
Finalement, la soirée s’est terminée sur une autre victoire de Miss Adele, qui a remporté le Grammy du Meilleur album de l’année. «Maman! Ton enfant a été une bonne fille!» s’est-elle exclamée, en larmes, avant de lancer : «Ce disque a été inspiré par quelque chose que tout le monde a vécu : une relation pourrie. MERCI TOUT LE MONDE! MERCI TELLEMENT!»
Les gagnants
- Meilleure performance pop solo. Someone Like You, d’Adele
- Meilleure performance rap. Otis, de Jay-Z et Kanye West
- Meilleure interprétation rock. Walk, des Foo Fighters
- Meilleur album R&B. F.A.M.E., de Chris Brown
- Meilleure chanson. Rolling in the Deep, d’Adele
- Meilleur album country. Own the Night, de Lady Antebellum
- Révélation de l’année. Bon Iver
- Meilleure interprétation pop en duo ou en groupe. Body and Soul, de Tony Bennett & Amy Winehouse
- Meilleure interprétation rock Wasting Light, des Foo Fighters
- Enregistrement de l’année. Rolling in the Deep, d’Adele
- Meilleur album dance. Scary Monsters and Nice Sprites, de Skrillex
- Meilleur album de l’année. 21, d’Adele