Théâtre: À l’Ouest, point de salut
Deux frères, Coleman et Valene, viennent d’enterrer leur père. Les circonstances de cette mort n’a rien pour rapprocher les frères, qui vivent ensemble et stagnent dans la haine profonde l’un de l’autre depuis leur enfance. Le père Welsh, nouveau curé du petit village miséreux de l’ouest de l’Irlande où se situe l’action, est complètement dépassé par cette relation fraternelle malsaine et par la situation désespérante du village au complet. Il tente de renverser le désespoir et appelle les frères à s’apprécier et à se pardonner. Mais quand l’autre nous fait exploser à n’importe quel moment – pour un sac de chips ou pour une gorgée d’alcool – rien n’est gagné… À ce trio s’ajoute Girleen, une adolescente elle aussi en mal d’amour, qui joue la dure malgré sa fragilité.
Livrée avec énergie par les comédiens Lucien Bergeron, Frédéric-Antoine Guimond, Marc-André Thibault et Marie-Ève Milot, particulièrement de la part des deux « frères » (Bergeron et Thibault), L’Ouest solitaire comporte certains moments où l’atmosphère se détend et où la salle rit un peu, mais l’essentiel git sous le poids des situations pernicieuses qui s’accumulent sous nos yeux. La rage des personnages passe par des textes gueulés, un langage cru et vif et des bagarres; l’ensemble n’est pas de tout repos. Remise cette année à l’horaire du Prospero, la pièce de Martin McDonagh, traduite par Fanny Britt et mise en scène par Sébastien Gauthier est une pièce sombre – à l’image de la petite salle bien utilisée du sous-sol où elle se déroule.
L’Ouest solitaire
À la salle intime du Théâtre Prospero
Jusqu’au 5 octobre