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De bon matin: la goutte de trop

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Un homme sans histoire entre au bureau, à la même heure que d’habitude, un bon matin. Il abat de sang-froid deux de ses supérieurs. Puis, il se remémore les faits qui ont conduit à ce geste. Telle est la prémisse de De bon matin.

Dès que Jean-Marc Moutout a eu fini d’écrire le scénario de De bon matin, c’est Jean-Pierre Darroussin qu’il avait en tête pour interpréter le rôle de cet homme sans histoire qui craque sous la pression. Et Darroussin a accepté sans hésiter. Le comédien s’est entretenu avec Métro à l’occasion d’une visite à Montréal.

Qu’est-ce qui vous a interpellé dans ce scénario?
Le personnage! Cette exploration de cet homme qui reste, malgré tout, mystérieux. Un homme ordinaire, qui n’est pas dans le besoin, qui a une famille, qui vit dans une belle région… Qu’est-ce qui fait qu’un homme comme ça décide un jour d’abattre ses supérieurs? Ça intéresse! Surtout que c’est une histoire basée sur un fait divers qui s’est produit en 2004. Ça a interpellé Jean-Marc. Comment un employé modèle en arrive-t-il à un tel acte? Et depuis, il y a eu la crise, et à partir de ça, commence à se révéler la difficulté du travail en entreprise, la violence dans les rapports entre les gens quand il s’agit de performance. Et arrive le moment où le déséquilibre est trop grand et où les hommes souffrent trop… et il faut en parler.

Votre personnage est-il inspiré de celui du fait divers?
L’imagination de l’auteur l’a composé, à travers des tas de témoignages; c’est très rigoureux, très précis dans le déroulement du harcèlement dans l’entreprise, des défaillances psychologiques… Toutes ces choses ont été recueillies auprès de gens qui n’en sont pas arrivés aux mêmes extrêmes que le personnage, mais qui ont avoué qu’ils n’en étaient pas loin!

En tant qu’acteur, avez-vous réussi à comprendre les extrêmes auxquelles votre personnage en arrive?
C’est un peu le paradoxe du comédien; il y a certains trucs qu’on rejette pour ne pas être totalement en fusion. Mais il y a aussi une part de contradiction, parce que le personnage lui-même, je pense qu’il commet un acte qu’il sait et qu’il pense impossible à faire. Il ne s’agit pas de folie, ici, mais de passion. Sa névrose, c’est que sa vie entière tourne autour du travail.

De bon matin
En salle dès vendredi

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