Soutenez

Le journal intime de Paule Baillargeon

Artiste, cinéas-te, féministe, Paule Baillargeon se raconte dans Trente tableaux, un essai intime et personnel.

Paule Baillargeon était encore émue lors de notre rencontre, quelques jours après l’hommage qu’elle a reçu aux Jutra. Elle a parlé avec générosité de Trente tableaux, qu’elle a pu réaliser durant sa résidence à l’Office national du film. «J’ai vécu une époque très riche, en fait, de bouleversements, autant au Québec que pour moi, explique-t-elle. Les gens de mon âge, maintenant qu’on est vieux, il faut transmettre. Les plus jeunes prennent ça et ils en font ce qu’ils veulent. Ils peuvent s’opposer, mais au moins, il y a une trace.»

L’autoportrait éclaté qu’est Trente tableaux ne respecte pas nécessairement la chronologie. Il porte sur l’enfance, le parcours et la vie de tous les jours de la metteure en scène, et il est constitué d’archives et de dessins qui prennent forme à l’écran. «Quand je me suis mise à écrire, toutes ces choses étaient là et elles attendaient en fait d’être dans le film.»

Cette narration au «je» et la relation symbiotique avec la figure maternelle forment une véritable mosaïque qui parle autant de la créatrice de La cuisine rouge que de la société dans laquelle elle a vécu. «Mon ambition était de faire un film comme un poème. Et j’espère que quelqu’un qui regarde ce film-là, sans me connaître du tout, sans avoir entendu parler de moi, est capable de le regarder et de l’aimer.»

Lutte sans fin

Évoquer le nom de Paule Baillargeon, c’est repenser aux héroïnes fortes de ses fictions, à toutes ces femmes qui se battent au quotidien. Une cause qui a souvent marqué l’œuvre et la vie de l’artiste. «C’est un peu mystérieux de prendre sur moi le sort des femmes, dit-t-elle. Pourquoi je fais ça? Je ne sais pas. Je ne suis pas une militante, je n’ai pas de carte de membre de rien. Mais c’est vrai que le sort des femmes me préoccupe. Si le sort des femmes ne préoccupe pas les femmes, qui va s’en préoccuper? Et les jeunes femmes, si elles ne comprennent pas ça, c’est dommage pour elles. C’est sûr qu’il y a des luttes qui ont été remportées, mais certaines ne seront jamais gagnées. L’avortement, ce n’est pas gagné à jamais. Je m’excuse, là, mais on a un gars qui s’appelle Harper et qui veut rouvrir le débat. C’est dangereux.»

Trente tableaux
À l’affiche dès vendredi

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.