La double réalité de Rafaële Germain
Rafaële Germain vient de publier son troisième roman, Volte-face et malaises. Rencontre avec la populaire auteure de chick lit.
Vous avez accouché de ce troisième roman quasiment en même temps que de votre fille…
Littéralement! Il a grandi en moi en même temps que ma fille. Je m’étais fait un plan pour le terminer avant qu’elle naisse, parce qu’avec un bébé ça allait être difficile, voire impossible, de le finir.
Les choses ont pas mal changé pour vous depuis Soutien-gorge rose et veston noir. Ne vous sentez-vous pas à mille lieues de Geneviève Creighan, votre personnage?
Sur le plan de ce qui se passe dans ma vie, oui! Mais en ce qui concerne sa vision du monde et de sa manière d’être, pas du tout. Si Geneviève était mariée et maman, elle me ressemblerait beaucoup. Je ne suis pas allée chercher ses sentiments bien loin, ce sont les miens. J’ai très longtemps été une célibataire endurcie, alors je la comprends et je me reconnais en elle. Elle doit aussi se reconnaître en moi!
Vous n’avez pas peur de perdre vos lectrices, qui vous suivent depuis 2004?
Non. La réalité dont je parle dans mon livre est encore proche de moi et m’est plus familière que celle de la vie de famille. Le temps a fait changer les choses, mais je reste foncièrement la même personne et la même auteure.
Envisagez-vous d’écrire des romans plus en adéquation avec votre nouvelle réalité?
Je pourrais écrire l’histoire de la femme mariée et de la maman que je suis devenue, mais je la connais moins bien. Dans quelques années peut-être, je pourrai m’exprimer sur ce sujet. L’autre réalité, celle des célibataires, je l’ai vécue et assimilée, j’ai eu le temps de réfléchir à ses bons et ses mauvais côtés. Je m’y connais plus dans cette réalité-là. Mais j’avoue que ça serait l’fun d’essayer quelque chose de différent. Ne serait-ce que pour me mettre en danger, j’aimerais ça!
On retrouve dans votre dernier roman les mêmes ingrédients de base que dans les précédents : amitié, alcool et humour. Qu’est-ce qui le différencie?
C’est l’histoire d’une peine d’amour, il n’y en a pas beaucoup dans mes deux premiers livres. Et c’est un roman plus «adulte», dans la mesure où la narratrice fait le choix de choses simples et qui sont bonnes pour elle. Elle choisit de devenir une grande personne et elle réalise que c’est un périple extraordinaire.
On retrouve aussi de la dérision…
C’est de l’autodérision! C’est, selon moi, un ingrédient essentiel à la vie. On ne peut pas se remettre d’une peine d’amour si on n’a pas ça. Et dans la chick lit, l’autodérision est centrale. Vu que les personnages sont narcissiques et nombrilistes, ça fait du bien d’avoir de l’autodérision. Sans ça, ça serait tout simplement insupportable! Et dans ma vie, à chaque coup dur, si je m’en suis sortie, c’est grâce à mes amis et à l’autodérision. Ça a une place prépondérante dans ma vie. Je voulais que ça soit la même chose dans mes livres.
Volte-face et malaises
Éditions Libre Expression
Présentement en magasin