Les démarcations électro-pop de Tanlines
Lou Reed, Jay-Z, Pat Benatar, Yeasayer… Ce n’est pas d’hier que Brooklyn est un terreau fertile qui produit des musiciens de tout acabit. Nouvelle preuve à l’appui : l’électro-pop accrocheuse et mélancolique des amis Jesse Cohen et Eric Emm, qui planchent depuis 2008 sur leur projet Tanlines. Après avoir accompagné plusieurs figures de proue du camp indie en tournée (Vampire Weekend, Delorean, The xx) et fait appel aux services du légendaire producteur et arrangeur Jimmy Douglass (Missy Elliot, Gang of Four, Aaliyah), voilà qu’ils lancent enfin leur premier album, Mixed Emotions.
Avec des rythmiques qui flirtent tantôt avec le kitsch eighties, tantôt avec l’afro-pop tropicale, le disque nous plonge dans le vif des ruptures amoureuses. Et même si la voix morose d’Eric carbure aux effets synthés à la New Order et que ses paroles font état d’une grande amertume, la cadence demeure très énergique et dansante. «Ça reflète bien nos personnalités, cette combinaison de léger et de lourd, renchérit Jesse lorsqu’on le joint par téléphone. Ce n’est pas comme si nous nous disions : “Bon, je vais composer une mélodie enjouée, et Eric pourra ensuite la peaufiner en y rajoutant des paroles introspectives.” C’est très naturellement que nous nous rejoignons ainsi; c’est même ce qui définit notre musique, je dirais.» Tanlines est en spectacle lundi soir au Il Motore, à 20 h.