L’art grec, de A à A
Mercredi, le musée Pointe-à-Callière dévoilait quelques œuvres qui feront partie de sa nouvelle exposition, Les Grecs, d’Agamemnon à Alexandre le Grand. Des grandes boîtes grises portant l’inscription «Fragile» ont été sortis des bijoux, une hydrie, un masque d’or et des sculptures de marbre.
«C’est lui!»
Selon Constantin Paschalidis, qui a fait le voyage pour assister à l’ouverture des caisses contenant les œuvres, le masque présenté ci-contre «est le plus important des symboles à arriver en sol montréalais». «L’exposition s’intitule Les Grecs, d’Agamemnon à Alexandre le Grand. Et c’est lui! Agamemnon!»
Le conservateur du Musée d’Athènes ajoute: «Bien sûr, il ne s’agit pas du masque original, qui a été découvert en 1876 par [l’archéologue allemand] Schliemann, à Mycènes. Ce dernier a toujours été au musée national archéologique et il n’a jamais été déplacé. À part une fois, en 1940, quand ils ont dû évacuer le musée, par crainte des bombes des nazis qui étaient entrés à Anthènes.»
Le masque que pourront voir les Montréalais n’en est pas moins un chef-d’œuvre, assure M. Paschalidis. «Cette reproduction a été réalisée par le célèbre Émile Gilliéron fils, artiste suisse qui était très actif à Crète et à Athènes. Disons donc que c’est comme si nous avions la chance de voir une reproduction de la Mona Lisa signée par un artiste extrêmement renommé. De plus, je crois que c’est la première fois qu’il voyage si loin de l’autre côté de l’Atlantique. Nous avons le roi devant nous. C’est un grand moment. Pour moi aussi: c’est la première fois que je peux le voir à l’extérieur de sa vitre.»
La nature divine d’Alexandre
«Je suis vraiment excité d’amener toutes ces œuvres au Canada. Mais en même temps, c’est une grande responsabilité!» remarquait hier Ioannis Graikos, conservateur du musée archéologique de Pella.
C’est d’ailleurs de ce musée que proviennent deux sculptures d’Alexandre le Grand, qui ont quitté le confort de leurs boîtes hier. L’une d’entre elles «représente Alexandre avec des cornes, en dieu Pan», précise M. Graikos. «Ces deux cornes révèlent sa nature divine.»

Un homme portant ce qu’on devine être un chandail-hommage à Niké, la déesse grecque de la Victoire, sort de sa boîte une statue de marbre représentant Alexandre le Grand. L’œuvre est arrivée à Montréal directement de Pella. /Yves Provencher/Métro
Les Grecs – D’Agamemnon à Alexandre le Grand
À Pointe-à-Callière
Du 12 décembre au 26 avril