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Alexandre Barrette: une carrière construite une brique à la fois

Alexandre Barrette vit présentement l'une des plus belles périodes de sa carrière
Alexandre Barrette vit présentement l'une des plus belles périodes de sa carrière Photo: Josie Desmarais / Métro

Alexandre Barrette a lancé son premier one man show, Alexandre Barrette et personne d’autre, en 2012. Dans les années précédentes, il avait trimé dur à faire connaître son minois (il était sacré Découverte de l’année aux Olivier en 2007), avait multiplié les contrats à la télévision (souvenons-nous de Taxi payant et Atomes crochus) et à la radio, n’avait craché sur aucune chronique ou offre intéressante.

Quand on lui demandait c’était pour quand, ce fameux premier spectacle, l’humoriste répondait qu’il souhaitait prendre son temps pour bien faire les choses. Parce qu’il voulait que sa première tournée soit un succès. Que sa carrière décolle peut-être lentement, mais se propulse loin, à long terme.

Aujourd’hui, sans s’asseoir sur ses lauriers, l’artiste de 40 ans récolte le fruit de ses labeurs. Chacun de ses trois spectacles (il inaugurait son deuxième, Imparfait, en 2016, et prenait la route avec son troisième, Semi-croquant, en 2019) a cartonné plus fort que le précédent. D’une année à l’autre, tant sur les réseaux sociaux que devant la caméra, il s’est toujours révélé un peu plus audacieux, un peu plus baveux.

Alexandre Barrette a pris la pose pour Métro dans le bureau de son agence, à Montréal
Crédit : Josie Desmarais / Métro

Ses apparitions aussi hilarantes que remarquées à Tout le monde en parle, dans la dernière année et demie, conjuguées à l’animation de Roast Battle, à Z, pendant trois ans, ont sans doute contribué à lui amener, pour la saison 2022-2023, deux beaux projets à TVA: des interventions fréquentes à La Tour, où règne désormais l’hôte Gildor Roy, et le copilotage, avec Jean-Philippe Dion, du jeu de sensations fortes Sortez-moi d’ici. Et c’est sans compter sa tribune quotidienne à la radio, Le pas pire show d’Alex Barrette, le midi, à WKND, avec Geneviève Hébert-Dumont.

Un enchaînement graduel

«Effectivement, je capote», concède Barrette en contemplant son agenda de l’été qui se termine (il est allé tourner Sortez-moi d’ici dans la jungle du Costa Rica, en Amérique centrale) et celui des prochains mois.

Il vante la générosité et l’expérience de Gildor Roy, se réjouit de la gentillesse d’Hélène Bourgeois-Leclerc – qui jouera le même rôle que lui à La Tour, celui de «voisin.e» qui vient mettre son grain de sel de façon aléatoire en cours de semaine dans les discussions avec les invité.e.s –, prédit un fun incroyable aux téléspectateur.trice.s qui regarderont Sortez-moi d’ici l’hiver prochain.

«Je ne trouve pas qu’il y a une frénésie, mais ma carrière est un bel enchaînement graduel depuis 15 ans, expose Alexandre à Métro, en guise de bilan. Je n’ai pas une carrière éclatante qui a explosé; chaque pièce en a emboîté une autre et créé la suivante. L’art et l’humour, c’est très subjectif; parfois, des projets nous surprennent, et d’autres fonctionnent moins qu’on l’aurait cru. C’est difficile à expliquer rationnellement. Mais, pour moi, chaque affaire est importante, que ça soit Roast Battle, un bon statut sur Facebook ou un bon show un mardi à Rivière-du-Loup. En ce moment, je suis dans de belles années, et j’espère que ça va durer.»

Alexandre Barrette et Hélène Bourgeois Leclerc sont les comparses de Gildor Roy dans la nouvelle saison de La Tour, à TVA
Courtoisie TVA

La vraie nature, avec des insectes!

Si on a connu son côté (très) givré à Tout le monde en parle, Alexandre Barrette rassure tout de suite les convives qui seront de passage au condo de La Tour cet automne: il ne compte pas être particulièrement piquant dans ses propos entre deux bières.

«N’arrivez pas sur la défensive, avise-t-il. La Tour, c’est des discussions détendues, pendant lesquelles on peut se lever et revenir jaser. Le côté naturel, c’est la force de cette émission-là. Je serai là pour alimenter les conversations avec mon humour, ma sensibilité, ma réelle curiosité et le regard neuf que Gildor, lui, n’aura pas sur les invités qu’il connaît bien. Il y aura peut-être un petit côté irrévérencieux si un invité est plus imbu [rires], mais ce n’est pas ce que je veux mettre de l’avant.»

À Sortez-moi d’ici, le contexte sera complètement différent. La direction de TVA n’aime pas qu’on compare ce format original d’Angleterre (I’m a Celebrity… Get Me Out of Here!), adapté dans une douzaine de pays, à Fort Boyard, même s’il y aura, là aussi, des insectes, des rats et autres «dégueulasseries» qui feront hurler les participant.e.s.

Alexandre Barrette et Jean-Philippe Dion coanimeront Sortez-moi d’ici à TVA l’hiver prochain
Courtoisie Productions Déferlantes et TVA

«Outre les épreuves, Jean-Philippe Dion [aussi producteur, NDLR] le décrit comme La vraie nature sur les stéroïdes, et je trouve que c’est la meilleure comparaison», image Alexandre Barrette.

Le concept de la téléréalité se décline en deux volets: les candidat.e.s évoluent au grand air, dans des conditions ultra précaires, où l’alimentation de base est constituée de gruau et de riz («Je n’aurais rien enduré de ça», glisse Alexandre) et doivent, le jour, surmonter des défis pour obtenir des privilèges ensemble, en groupe. Ce n’est qu’en soirée, lors d’un gala où ils doivent affronter d’autres épreuves, qu’un membre de la tribu se fait éliminer. Déjà, on sait que Nathalie Simard, l’ex-patineuse de vitesse Marianne St-Gelais et le docteur François Marquis seront de l’aventure.

Mais, même là, ils pleurent quand quelqu’un part. Il se crée une amitié en accéléré. Ils se lèvent ensemble le matin, cuisinent et font leur lavage ensemble, s’entraident, se rendent des services selon leurs forces respectives. Il y a un côté touchant. En voyant les premières images dans ma loge, j’ai pleuré 25 fois.

Alexandre Barrette, au sujet de la téléréalité Sortez-moi d’ici

Commentaires virulents

Qui dit exposition médiatique comme celle qu’a connue Alex Barrette depuis 10 ans, surtout dans un cadre très regardé comme Tout le monde en parle, dit nécessairement commentaires acerbes sur les médias sociaux. Comme Dany Turcotte avant lui, Alexandre Barrette a récemment goûté à la médecine des trolls. Il le reconnaît, la pilule a été un peu amère.

«Je l’ai vécu un peu moins bien que je pensais, admet-il. Je maintiens que ça fait partie de la game; on est des privilégiés, et si j’ai des gens qui m’applaudissent, c’est normal qu’il y en ait aussi qui n’aiment pas ce que je fais. Dans un métier public, on ne peut pas avoir que les bons côtés, et il faut assumer les deux côtés de la médaille. Ça serait hypocrite de ne vouloir que se faire flatter dans le sens du poil.»

«Mais, des fois, il y a un niveau d’intensité dans les commentaires qui fait dire: “Tabarouette!” Tu peux me trouver pas bon et pas drôle, trouver que je suis le moins bon humoriste que tu as vu dans ta vie, c’est encore correct, mais le niveau de violence, parfois… Je n’ai pas été détruit, mais ça m’a surpris. Mais, encore là, c’est l’ego qui parle, parce que 92% des commentaires étaient positifs.»

Or, Alexandre Barrette s’est montré moins présent sur Facebook dans la dernière année, et ça n’a rien à voir avec la virulence des commentaires liés à Tout le monde en parle. Notre homme, qui aime épancher ses tranches de vie dans de longs textes, s’est surtout rendu compte que la mode était présentement aux messages brefs et éphémères. Il se promet de, bientôt, se réatteler à son ordinateur pour pondre de nouveaux écrits comiques.

Une vie privée… privée

Cela dit, n’y cherchez pas de référence à sa vie intime. Alexandre Barrette se fait un devoir de garder sa sphère privée, privée, et ne compte jamais étaler ses amours et ses bobos sur la place publique. Même si les rumeurs vont bon train sur l’identité de l’élue de son cœur depuis quelques années, il évite soigneusement le sujet en entrevue. Comment parvient-il à imposer ce respect, aux médias comme à ses fans?

«Je l’impose à tous les niveaux. Je parle un peu de mes parents dans mes shows, mais je contrôle ce que je dis. Ma famille est très pudique. Il y a zéro chance que je me prête à un reportage où je ferais visiter la maison de mon enfance. C’est très important pour ma mère de garder son intimité. Même chose pour mon frère, ma sœur, mon filleul, ma nièce. C’est comme ça dans tous les pans de ma vie privée. Pour avoir déjà mis de l’avant une ancienne relation, je sais que, quand on rompt, les gens veulent savoir, et je n’ai plus le goût de vivre ça, dans ma vie. Je n’ai ni le besoin ni le réflexe de montrer mes bobettes, mon café latté et mon repas au restaurant aux gens qui me suivent.»

On retrouvera Alexandre Barrette à La Tour, du lundi au jeudi, à 19h30, à TVA, dès le 12 septembre. La téléréalité Sortez-moi d’ici prendra l’antenne à l’hiver 2023.

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