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«Verglas 98» : un docu relate la crise, 25 ans après

crise du verglas
Le 7 janvier sera diffusé sur Historia le documentaire « Verglas 98 », qui relate la crise climatique sans précédent qui a plongé une partie du Québec dans le noir il y a 25 ans. Photo: iStock

Il y a 25 ans, le Québec vivait une crise climatique sans précédent qui a plongé une partie de la province dans le noir, pendant des jours dans certains cas et des semaines dans d’autres. Pour souligner cet anniversaire de la crise du verglas et la solidarité qui en a découlé, Historia diffusera samedi le documentaire Verglas 98, animé par Etienne Boulay.  

En trois quarts d’heure, on raconte le combat des Québécois.es, du gouvernement de Lucien Bouchard, des employé.e.s d’Hydro-Québec, des équipes de secours, des organismes communautaires et même des acériculteur.trice.s contre les saccages des pluies verglaçantes dans le sud de la province.  

« Ç’a frappé l’imaginaire des Québécois.es qui étaient conscient.e.s de ce qui se passait en 1998 », affirme Etienne Boulay en entrevue avec Métro. « On a tenté de faire un portrait à 360 degrés de la situation. » 

Le documentaire, de facture classique et ne faisant pas fi de musique dramatique, fait œuvre utile en soulignant un événement crucial de la mémoire collective québécoise, durant lequel l’armée a même été déployée. 

Le météorologue à Radio-Canada Pascal Yiacouvakis (à gauche), qui s’entretient dans le documentaire Verglas ’98 avec l’animateur Etienne Boulay, s’est senti « sur la ligne de front » tout au long de la crise du verglas, raconte-t-il. Photo : Corus Média
Le météorologue à Radio-Canada Pascal Yiacouvakis (à gauche), qui s’entretient dans le documentaire Verglas 98 avec l’animateur Etienne Boulay, s’est senti « sur la ligne de front » tout au long de la crise du verglas, raconte-t-il. Photo : Corus Média

Lueurs dans la noirceur 

L’animateur s’entretient avec certaines des figures de proue de la crise du verglas telles que le météorologue Pascal Yiacouvakis, le président-directeur général d’Hydro-Québec de l’époque, André Caillé (qui avait troqué complet-veston contre son fameux col roulé blanc réconfortant), et le porte-parole de la société d’État de l’époque, Steve Flanagan, avec qui Etienne Boulay a particulièrement aimé discuter. 

« Comme passionné de football, tu t’intéresses à tout ce qui est stratégie, déploiement, situation de crise, explique-t-il. Steve Flanagan a été dans une cellule de crise, a élaboré des plans de match avec les différents leaders et trouvé le ton à utiliser avec la population pour que les gens comprennent que la situation est critique, mais sans semer la panique. » 

Se greffent à leurs témoignages ceux de moult intervenant.e.s qui ont été des combattant.e.s de première ligne sur le réseau électrique de la société d’État ou encore des forces altruistes portant secours à la population.  

Ainsi, d’anciens employés d’Hydro-Québec, la directrice générale de Moisson Montréal au moment de la crise et une propriétaire d’animalerie qui s’est occupée des animaux de compagnie, par exemple, sont tant de gens que l’on voit à l’œuvre dans les nombreuses vidéos d’archives.  

D’ailleurs, moult images sidérantes ravivent le craquement sinistre des branches d’arbre se brisant et montrent les pylônes en acier d’Hydro-Québec affaissés sous le poids de la glace dans les champs de la Montérégie, région la plus âprement touchée.   

André Caillé était le président-directeur général d’Hydro-Québec au moment de la crise du verglas, en 1998. Photo : Corus Média
André Caillé, interviewé dans le documentaire Verglas 98, était le président-directeur général d’Hydro-Québec au moment de la crise du verglas, en 1998. Photo : Corus Média

Solidarité  

Plus d’un million de foyers ont été simultanément privés d’électricité dans le sud de la province, ce qui a forcé la population à trouver refuge dans des écoles transformées en centres d’hébergement ou à se réfugier chez des proches. Les autorités avaient désigné un « triangle noir » entre Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Hyacinthe et Granby. 

Cette crise d’une rare gravité en plein cœur de l’hiver a donné lieu à une vague de solidarité considérable.  

Lorsqu’Etienne Boulay s’est fait approcher pour animer Verglas 98, il a aimé sur-le-champ la primauté accordée à la solidarité et à l’esprit d’équipe du peuple québécois, raconte à Métro l’ex-joueur des Alouettes de Montréal et des Argonauts de Toronto.  

« Deux choses peuvent se produire dans une crise comme celle-là : soit on s’unit, soit on se détruit, estime Etienne. Les gens ont compris que c’était des éléments climatiques hors d’eux, que tout le monde faisait de son mieux. » 

D’ailleurs, ce qui ressort aussi du documentaire à son avis, c’est qu’« on avait des personnes compétentes en place, capables de gérer une situation qu’on n’avait jamais vue auparavant ». Il souligne les « exemples de leadership » qu’ont été à ses yeux André Caillé d’Hydro-Québec, Jacques Duchesneau du Service de police de la Ville de Montréal et le premier ministre Lucien Bouchard.  

Ayant grandi dans le quartier Ahuntsic, Etienne Boulay, qui avait 10 ans lors de la crise, a vécu celle-ci comme un « dérangement ». « C’était presque excitant parce qu’on faisait du camping dans le salon. J’ai habité chez un ami qui vivait proche d’un hôpital, je n’ai pas eu d’école pendant quelques jours. Mais il y a des gens pour qui ç’a été pas mal plus dramatique que ça. Et je trouvais intéressant d’avoir cette perspective », expose l’ex-athlète de football.  

C’était notamment le cas d’acériculteur.trice.s et d’agriculteur.trice.s de la Montérégie qui ont vu forêts et hordes d’animaux de ferme décimés par la glace et le froid. Un cultivateur d’érable à sucre indique qu’un arbre prend 25 ans à se régénérer.  

10 cm de glace accumulée  

Le 5 janvier 1998, une tempête sans précédent s’est abattue sur le sud du Québec. En moins d’une semaine se sont succédé trois vagues de pluies verglaçantes, suivies d’un froid polaire qui a fait geler les 100 mm accumulés sur les structures et les arbres — les météorologues n’en croyaient pas leurs yeux.  

« Les arbres ne peuvent pas résister à ça », rappelle dans le documentaire Pascal Yiacouvakis, qui a été au front tout au long de la crise. « C’était un concentré de pluie verglaçante qu’on n’avait jamais vu. » 

Le verglas au Québec en quelques chiffres  
120 000 km de lignes électriques et de câbles téléphoniques endommagés;
Plus de 1000 pylônes électriques effondrés;
Plus de 16 000 poteaux en bois écroulés.

Au zénith de la crise, une seule ligne de transport d’Hydro-Québec alimentait l’île de Montréal. Si elle s’était effondrée, ç’aurait été le black-out total : plus d’éclairage dans les rues ni de feux de circulation. Même les centrales de traitement d’eau risquaient de tomber en panne, apprend-on dans Verglas 98.  

Des blocs de glace se détachaient du pont Jacques-Cartier et des toits des gratte-ciel au centre-ville de Montréal — y marcher était alors dangereux. Des hélicoptères criblaient les tours de balles de caoutchouc afin de faire tomber les amas de glace. Bien des hôpitaux fonctionnaient sur des génératrices. 

Verglas 98 est présenté samedi, à 20h, à Historia.  

Un autre documentaire relate ces jours-ci la crise du verglas de 1998 : 35 jours de noirceur est diffusé à TVA ce mercredi soir, à 19h30. 

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