Soutenez

Faire ce que l'on aime

Lorsque vient le temps de choisir leur domaine d’études, une multitude de facteurs peut influencer la décision des jeunes travailleurs de demain. Si plusieurs se fient au salaire envisagé, d’autres prennent parfois plus de risques et choisissent simplement de faire ce qu’ils aiment, coûte que coûte.

Dans les différents programmes de musique offerts dans les universités québécoises, par exemple, les étudiants peuvent espérer de maigres salaires à leur sortie des classes. Ainsi, au Québec, un musicien ou un chanteur professionnel peut toucher annuellement jusqu’à environ 25 000 $, selon le Rapport des perspectives professionnelles 2006-2010 publié par Emploi-Québec. Et encore faut-il qu’il connaisse une bonne année pour en espérer autant.

Le secteur des arts, culture, sports et loisirs représente une part relative de l’emploi de 3,2 % pour l’ensemble du Qué­bec, ce qui explique certainement la situation précaire des musiciens québécois.

Créer son emploi

Si on entend souvent dire qu’il est difficile de percer en musique, pour Alex­andra Ghezzi, qui a complété un baccalauréat en chant classique, tout dépend de la vision qu’on se fait de la réussite dans ce milieu. «Si percer ça veut dire faire de la télé, c’est sûr que ça peut être difficile. Sauf que la télé et Star Académie, ce n’est pas tout! Il y a tellement de choses qu’on peut faire», lance-t-elle.

Une vision optimiste que partage le coach vocal Marcin Brzezinski. Il a fondé en 1999 l’école de chant coursdechant.qc.ca, devenue l’Institut de développement vocal intégral de Montréal (IDVIM) depuis peu, après avoir complété un baccalauréat en interprétation musicale de l’Université  de Sherbrooke. «J’ai commencé à enseigner le chant alors que j’étais encore au cégep, raconte-t-il. Quand j’ai lancé l’école, j’étais le seul professeur et, aujourd’hui, il y en a neuf qui travaillent avec moi.»

L’important, c’est d’avoir confiance en soi, croit Mme Ghezzi. «C’est vraiment une question d’attitude parce que, finalement, c’est toi qui crée ton emploi», lance-t-elle.

Plusieurs ont tenté de les décourager durant leurs études, même des professeurs, qui leur conseillaient de ne pas trop s’emballer. Philip Gareau, doctorant en musicologie à l’Université de Montréal, affirme lui-même mentionner aux étudiants qu’il côtoie que le domaine est fermé. «Je le mentionne parce que c’est un choix important qu’ils prennent, dit-il. Même si parfois, c’est la famille qui est la plus décourageante.»

Celui-ci affirme d’ailleurs que plusieurs étudiants, diplômés ou non, abandonnent le domaine et décident de faire autre chose. «Certains finissent par enseigner, même si la formation ne leur a donné aucun outil pédagogique, continue-t-il. Mais il faut bien gagner sa vie!»

Dans l’entourage universitaire de Marcin Brzezinski, ce sont surtout ceux qui n’avaient pas le feu sacré qui, aujourd’hui, font autre chose. «J’ai connu des gens qui avaient tellement de talent, mais qui étaient plus ou moins passionnés au bout du compte», estime-t-il.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.