Formation et emplois

Comment éviter la démotivation?

Porteuse de grandes attentes, l’entrée à l’université représente souvent la promesse de mettre un pied dans le monde des «grands» et d’étudier enfin des matières qui nous intéressent. Elle peut aussi constituer la première occasion de quitter le nid familial et de prendre ses finances en main en choisissant un job étudiant. Tous ces changements, plus ou moins faciles, affectent la perception de chacun et sa capacité à s’adapter à de nouvelles situations.

Au Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval, près de 6 % des demandes  concernent des problèmes de démotivation. Pour Véronique Mimeault, psychologue scolaire et auteur du guide La motivation, il existe plusieurs causes à ce phénomène, à commencer par une orientation inadéquate ou un mauvais choix. «Certains étudiants s’inscrivent sans se poser de questions ni formuler d’objectifs clairs, tandis que d’autres ne savent pas gérer leur temps ou ont des problèmes d’attention.» Les facteurs personnels (dépression, anxiété, problèmes familiaux…) jouent aussi un rôle important.

Lorsqu’un élève se sent démotivé, il ressent souvent des symptômes physiques (fatigue, apathie, baisse de concentration, difficultés de mémorisation), mais aussi émotionnels (culpabilité, frustration, ennui), qui engendrent des comportements de fuite. On cherche alors des excuses pour ne pas étudier, on s’absente…

Ne pas tomber dans le piège
Que faire pour éviter de tomber dans le piège? Selon Gilles Lussier, psychologue à l’école Polytechnique, l’étudiant doit commencer par clarifier ses objectifs et son projet d’étude. «Il faut avoir une idée des débouchés sur le marché du travail lorsqu’on se lance dans un programme, ainsi que de nos capacités et de ce qui nous motive», affirme-t-il. Si concevoir un plan à long terme peut en rebuter certains, mieux vaut se fixer des objectifs à plus court terme, sur une session ou une année, et revoir à la baisse le nombre de cours auxquels on s’inscrit.

«On doit se laisser du temps et éviter de prendre des décisions hâtives ou inappropriées», estime Mme Mi­meault. Cultiver une bonne hygiène de vie en mangeant équilibré, en faisant du sport et en refusant, par exemple, les sorties tardives la veille d’un examen fait aussi partie des conseils de bon sens, souvent ignorés des étudiants. Le dosage travail-études n’est pas non plus à prendre à la légère, affirme Pierre Potvin, chercheur-consultant au CTREQ. «Si on reconnaît que le travail est important pour l’estime de soi, il n’en reste pas moins qu’il peut nuire au fonctionnement de l’élève qui effectue plus d’une quinzaine d’heu­res hebdomadaires.»

À 34 ans, Patricia Julien est toujours sur les bancs d’école. Mère monoparentale, elle travaille quatre jours par semaine au cégep Marie-Victorin et étudie à distance depuis près de quatre ans à la Téluq (où elle est présidente de l’AETELUQ). Après un premier certificat pluridisciplinaire, elle a décidé de faire un certificat en sciences de l’environnement. «La démotivation, je suis en plein dedans, car on a parfois l’impression qu’on ne finira jamais! Ce qui m’aide, c’est que mes échéances sont proches; j’y vais certificat par certificat.»

Elle est bien sûr motivée par l’obtention du diplôme, mais aussi par les possibilités d’avancement dans son entreprise. «La difficulté, c’est la lenteur, car je ne peux suivre qu’un ou deux cours par session puisque je suis aussi en emploi.» Pour ne pas se laisser envahir, Patricia conseille aux étudiants de «ne pas s’obliger à suivre beaucoup de cours dans une session et d’éviter de travailler s’ils en ont le choix.»

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