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Être parent et zéro déchet, tout un défi (réalisable)!

famille zéro déchet
Laurie Barrette, fondatrice de l'entreprise Dans le sac, et sa famille Photo: Gracieuseté / Dans le sac

Vivre sans poubelle peut sembler impensable pour certains. Imaginez le faire avec des petites tornades qui redemandent des collations et accaparent la majeure partie de votre temps! Des parents nous prouvent pourtant que le zéro déchet, ça peut être une affaire de famille.

Laurie Barrette et Cindy Trottier, mamans d’un et de quatre enfants respectivement, ont réussi à concilier résolutions écolos et emploi du temps chargé. Mais ça ne se fait pas en une nuit, affirment-elles.

«On commence par les choses simples et ensuite on change graduellement une habitude à la fois. On débute avec ce qui est le plus facile et plaisant pour nous, puis on ajoute une nouvelle habitude à la fois», résume Cindy Trottier, consultante en consommation écoresponsable.

«Quand on pense au mode de vie zéro déchet, on pense souvent à une transition radicale qui exige de repenser chaque sphère de notre vie. Je préfère que les familles prennent 10-15 ans pour devenir zéro déchet, au lieu de tout changer, en avoir ras le bol et s’arrêter du jour au lendemain», renchérit Mélissa de La Fontaine, autrice et pionnière du zéro déchet au Québec.

Et pas besoin de sauter sur TOUS les produits écoresponsables dernier cri pour y adhérer. «On a probablement déjà à la maison environ 80 à 90% des choses dont on a besoin pour faire la transition», assure Mme de La Fontaine, qui accompagne des familles dans leur virage écolo. En achetant des objets réutilisables neufs comme les très populaires ensembles zéro déchet, on continue en fait de nourrir la surconsommation, explique-t-elle.

Emblème de la tendance écoresponsable, la paille réutilisable donne par ailleurs des montées de lait à l’autrice du livre Tendre vers le zéro déchet. «C’est plein de bonne foi, mais on crée une empreinte environnementale moins importante en prenant une paille en plastique occasionnellement qu’en achetant un paquet de dix en acier inoxydable», indique-t-elle.

Un travail d’équipe!

Les trois femmes estiment qu’elles arrivent à minimiser leur volume de déchets grâce à leur détermination, mais aussi au soutien de leur maisonnée. C’est qu’en ces temps marqués par la crise climatique, elles sont confrontées à un nouvel enjeu: la charge mentale environnementale. «Comme pour les autres tâches ménagères, ce sont plus souvent les mères qui initient le virage vert de la maisonnée, ce qui peut en décourager plus d’une à le faire», constate Cindy Trottier.

Pour y arriver, tout le monde doit mettre la main à la pâte, y compris les petits. Les parents sont encouragés à déléguer des tâches en fonction de l’âge de leur enfant. «C’est important d’impliquer les jeunes tôt dans le processus. On cultive non seulement leur autonomie, mais on leur donne aussi les outils pour adopter les mêmes gestes plus tard dans leur vie adulte», témoigne Mélissa de La Fontaine.

Mettre les dissidents de votre bord

Si une famille réussit finalement à faire équipe pour éviter autant que possible la poubelle, il faut aussi qu’elle se construise une certaine carapace par rapport à son entourage trop-de-déchet. «C’est encore mal accepté d’acheter la majorité de nos biens usagés. On dirait qu’une famille zéro déchet, c’est encore plus confrontant qu’une personne seule, constate Cindy Trottier. Il faut s’attendre à rencontrer de la résistance de la part de nos proches et rester bien ancrés dans nos valeurs».

Mais que faire des cadeaux de la parenté au p’tit nouveau de la famille? Pour ne pas les blesser en refusant leur présent, Laurie Barrette, cofondatrice de la boutique Dans le sac, propose de remettre à ses proches une liste de suggestions d’objets 100% seconde main. «Les invités au shower se sentiront moins radins et seront certains que ça convient aux parents», explique-t-elle.

Épurer la liste de cadeaux d’anniversaire est aussi une occasion d’apprendre différentes valeurs à ses enfants. «Si on inonde l’enfant de biens matériels, il risque de grandir en souhaitant accumuler toujours plus de jouets. On peut prendre le temps de lui présenter des manières plus durables et éphémères de faire plaisir à ceux qu’on aime comme cuisiner des repas maison», estime Laurie Barrette.

En règle générale, les expertes interviewées s’entendent sur le fait qu’il faut choisir ses combats en appliquant ce qu’elles appellent «la solution médiane». Quand le choix le plus vert n’est pas accessible ou réaliste, on opte pour ce qui convient le plus à nos capacités. Oui, même les petits gestes comptent.

5 astuces pour réduire ses déchets en famille

  • Visiter les friperies: de nombreuses boutiques vintage vendent bien plus que des vêtements de griffe à petits prix. À certaines adresses, on peut trouver une foule de jouets et d’accessoires de bonne qualité pour les enfants.
  • Désencombrer les armoires: «En vérité, on n’a pas besoin de grand-chose pour la salle de bain. Un shampoing, un nettoyant et une crème fabriqués à la main ou achetés en vrac ou en gros suffisent amplement», assure Cindy Trottier.
  • Éviter d’acheter ses liquides: Mme Trottier estime qu’on peut couper une grande partie de nos déchets en privilégiant l’eau du robinet, plutôt que les bouteilles et les boissons gazeuses. Les autres liquides comestibles ou domestiques se trouvent aussi facilement en vrac. En plus, c’est meilleur pour la santé et plus abordable à long terme!
  • Cultiver au lieu d’emballer: la culture de pousses à l’intérieur comme à l’extérieur s’avère une belle activité à réaliser en famille, qui réduit en outre le volume de paquets de fines herbes achetés à l’épicerie.

Pour s’initier au mode de vie zéro déchet

  • Le Circuit Zéro Déchet, un répertoire fondé par Cindy Trottier qui géolocalise les commerces zéro déchet
  • Le blogue de l’entreprise Dans le sac
  • Tendre vers le zéro déchet, aux Éditions La Presse, par Mélissa de La Fontaine

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