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Le triste avantage de ne pas avoir d’animaux en appartement 

Mission Appart Correct Gabrielle Morin-Lefebvre
Chercher un appartement à Montréal en 2022, c'est pas si simple. Notre journaliste Gabrielle Morin-Lefebvre nous raconte les hauts et les bas de son expérience de future locataire. Photo: Montage Métro

BLOGUE – «Bonjour, nous sommes un couple non-fumeur et sans animaux»: tel est le début de message que j’envoie constamment aux proprios par courriel lorsqu’un logement m’intéresse. J’ai réalisé que ne pas avoir d’animal, c’est vraiment un (triste) atout quand on veut un appartement.  

En plus de leur promettre que leur bloc ne sentira pas la vieille cigarette dégueulasse, je rassure mes futurs propriétaires: leurs planchers ne seront pas écorchés par de petites griffes de labrador. 

Les locataires écrivent tout ce qu’ils peuvent pour obtenir les clés d’un logement, vous savez. Tout ce qui peut constituer un avantage par rapport aux autres. 

Ne pas avoir d’animal en est un. Et je trouve ça… triste. 

J’ai toujours aimé les chiens. Peut-être qu’un jour j’en aurai un. Pas maintenant, bien entendu. Mais peut-être quand je redéménagerai dans cinq ou dix ans, qui sait.  

Bien sûr, je m’en occuperai corps et âme. C’est pour cela que je n’en ai pas maintenant: je n’ai pas le temps ni les moyens. Ça devra être un engagement mûrement réfléchi. Ce n’est pas un petit jouet. C’est un être vivant qui dépend de moi pour le nourrir, l’amener chez le vétérinaire, le dresser, le laver et surtout, l’aimer.  

Des adieux vraiment nécessaires? 

Je vous propose une petite histoire rhétorique pour exprimer à quel point séparer un chien de son maître peut être déchirant. Tout ça pour un appart.  

Voici le scénario: on est dans le futur. J’ai un chien depuis cinq ans.  

Je suis dans un appartement accueillant les animaux depuis des années. Tout va bien. Puis du jour au lendemain, je suis victime d’une reprise de logement illégale. Je suis maintenant à la rue, avec Fido. 

Je me trouve un hôtel qui accepte les animaux, en attendant de trouver un nouvel appartement. Et là, la crise du logement qui perdure me mord en pleine face. Je ne trouve pas d’appartement acceptant les chiens. Chaque fois, j’essuie des refus.  

Puis je dois me résigner: je trouve un logement sans animaux.  

Faute d’avoir pu trouver quelqu’un pour s’occuper de mon chien dans mon entourage, Pitou se retrouve à la SPCA le 1er juillet. 

Le cœur serré, je le laisse là, dans une cage. J’évite de croiser son regard doux et naïf qui me suit jusqu’à la sortie. Sa queue bat joyeusement derrière moi: pour lui, ce n’est pas un adieu. Il ne comprend pas. 

Je pousse les portes de l’édifice situé sur la rue Jean-Talon. Peut-être que je suis mère à ce moment-là aussi. Peut-être que j’ai une fille de trois ans avec moi. Elle est inconsolable. Je la porte dans mes bras jusqu’à la voiture.  

Fido va m’attendre toujours. Mais je ne reviendrai jamais le prendre.  

Une histoire bien réelle  

Cette histoire-là, elle n’est jamais arrivée à moi personnellement (et heureusement). 

Cependant, elle est bien réelle pour plusieurs familles, surtout durant la saison du déménagement. 

Seulement 4,2% des propriétaires de logements acceptent les chiens au Québec… même si 25% des ménages québécois en ont au moins un, rapporte la SPCA. Et cette statistique, elle ne porte que sur les chiens. Car pas moins de 52% de la population a un animal de compagnie, toutes espèces confondues.  

Encore plus triste? Le nombre d’animaux abandonnés à la branche montréalaise de l’organisme triple dans les mois précédant et suivant le 1er juillet. Ce nombre passe de 600 à 1600 par mois durant cette période. C’est énorme! 

Un chien dans un refuge pour animaux. La SPCA de Montréal reçoit 1600 animaux abandonnés pendant les mois précédant et suivant le 1er juillet chaque année. PHOTO: iStock

Peut-être que je devrais abandonner mon rêve d’avoir un animal à long terme.   

La peur du plancher ruiné par un potentiel animal trop excité est très présente chez les proprios. Je le constate juste en cherchant sur internet. Sur plus d’une dizaine d’annonces pour des logements locatifs épluchées récemment, je n’en ai trouvé qu’une seule où les animaux étaient permis dans l’appartement. Une. 

Aux lecteur.trice.s qui sont sur le bord d’être mis à la porte avec leurs perruches, leurs hamsters ou leurs chats: sachez que les clauses interdisant les animaux ne sont pas applicables en Ontario ou en France, selon la SPCA. Alors, au moins, le 1er juillet… vous saurez où déménager.  

À qui la faute?
La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) réfute les statistiques de la SPCA et assure que 1 propriétaire sur 4 accepte les chiens dans les logements de ses membres. Quant aux chats, c’est 71% des propriétaires qui les acceptent. 

La réticence face aux animaux viendrait principalement des résidents des immeubles, selon une étude de la CORPIQ menée en 2015 par Léger. Pas moins de 63% des locataires interrogés affirmaient qu’avoir un chien en appartement est «inapproprié». 

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