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L’histoire de succès de Quartz: du vêtement technique au manteau de luxe 

manteaux Quartz
Photo: Gracieuseté, Quartz co.

En 25 ans d’existence, Quartz a connu un rachat et de multiples transformations, sans jamais perdre de vue l’essentiel: fabriquer des manteaux de qualité pour faire briller le savoir-faire local. Son président, Jean-Philippe Robert, revient sur l’histoire de la marque, à mi-chemin entre vêtements techniques et manteaux de luxe.  

Quartz en chiffres

1997: Yves Trudeau fonde Quartz Nature 
2015: Jean-Philippe, François-Xavier et Guillaume Robert (sur la photo à gauche) rachètent Quartz 
Nombre d’employés: + de 100 
Présente dans + de 10 pays 

Vous avez toujours gravité autour du monde des affaires, mais qu’est-ce qui vous a poussé à racheter Quartz Nature en 2015?  

«Avant de reprendre Quartz, j’ai été associé de LXR and Co, une entreprise spécialisée dans la revente d’articles de luxe de seconde main. On vendait des sacs Chanel, des montres Rolex qui avaient déjà un certain âge, mais qui étaient encore d’une grande qualité. J’avais l’intention d’avoir un jour ma propre marque et je réfléchissais à quel genre de produit haut de gamme pouvait être fait ici, au Canada.  

Un jour je suis tombé sur un article au sujet de cette boîte qui semblait faire des manteaux de qualité. Très rapidement, j’ai fait le tour de tous les détaillants pour parler aux vendeurs et ce qu’on m’a dit, c’est que ce produit était un peu une pépite qui mériterait d’être mieux connue. Monsieur Trudeau [le fondateur] était décidé à vendre, tous les papiers étaient prêts, on a eu un coup de chance incroyable.» 

Et vous n’avez pas acheté seul, mais avec vos deux frères. On sait que travailler en famille peut être un grand défi; est-ce que vous avez hésité? C’est quoi, le secret?  

«Pour moi, ça a été une évidence; dès le début je trouvais très important d’avoir des associés dans l’entreprise et on n’en était pas à notre coup d’essai. Quand j’étais étudiant à Polytechnique Montréal, j’ai fondé une entreprise de t-shirts qu’on imprimait pour les clubs étudiants, des entreprises, etc. Mes deux frères sont également allés à Polytechnique et comme on a deux ans et demi d’écart, à mesure que l’un quittait l’université, le suivant reprenait l’affaire. On a eu la piqûre tous les trois et on a appris ensemble ce que c’était que de gérer une entreprise.  

Avec Quartz, on peut dire que la clé du succès et de la longévité, c’est d’avoir des carrés de sable bien établis. Moi, je gère les aspects vente, marketing et développement de produits – le côté le plus visible de la compagnie –, alors que François-Xavier se charge des finances des opérations, et Guillaume s’occupe de gérer les usines. Ça va vraiment en ligne avec nos intérêts et j’ai la chance de très bien m’entendre avec mes frères. On est vraiment une famille unie.» 

La marque existe maintenant depuis 25 ans. Comment a-t-elle évolué au fil du temps?  

«Quartz Nature vendait déjà des manteaux techniques très performants, fabriqués en grande partie au Québec. Nous, ce qu’on a cherché à faire, c’est rajeunir un peu la marque, la mettre au goût du jour, tout en gardant le savoir-faire d’ici. On a modernisé l’image de la marque et dans nos magasins comme en ligne, on a suivi les codes du luxe qui me tiennent à cœur en offrant un service à la clientèle premium.  

Côté design, on s’est servis des innovations techniques des dernières années pour rendre les manteaux encore plus performants. On est allés chercher des isolants, des tissus recyclés et surtout, on a misé encore et toujours sur des produits dessinés pour durer très longtemps. Ça veut dire une silhouette intemporelle et une qualité irréprochable qui reflète le savoir-faire canadien.» 

Justement, les marques de manteaux d’hiver sont nombreuses au Canada. Qu’est-ce qui fait que Quartz se démarque de la concurrence selon vous?  

«C’est vrai qu’avec le climat et le savoir-faire canadien dans ce domaine, ce n’est pas étonnant que plusieurs compagnies qui font des manteaux d’hiver aient du succès. Ce qui différencie Quartz, c’est qu’on est reconnus pour avoir des manteaux très légers et extrêmement techniques par rapport à leur look. On mise sur des designs très intemporels, des silhouettes épurées et discrètes. Disons qu’on est moins sport que la plupart des marques, mais la performance technique est là.»  

Et en dehors du Canada, quand on vend des manteaux d’hiver adaptés aux grands froids, est-ce que ça n’est pas difficile de s’étendre? Tous les pays n’ont pas le même climat que nous. 

«C’est sûr qu’on ne va pas vendre de manteaux d’hiver dans les pays où il fait très chaud, mais on a quand même un marché assez large de pays dans lesquels il fait froid l’hiver. On a notamment des marchés importants dans le nord-est des États-Unis, en France, en Allemagne, en Scandinavie et au Royaume-Uni.  

Montréal est un des environnements urbains où il fait le plus froid au monde, avec de la neige en ville, des températures très basses pendant plusieurs semaines, du verglas. Ça nous donne une certaine légitimité pour exporter des produits pour les grands froids, mais pour mieux parler à ces marchés et pour couvrir une saison plus large, on a aussi développé des manteaux plus légers qui partent de 0 °C/-5 °C et vont jusqu’à -10 °C/-15 °C. On compte d’ailleurs travailler à développer encore nos ventes à l’international. La pandémie a mis un gros coup de frein, mais on a bien l’intention d’aller chercher de nouvelles parts de marché.»  

Outre développer le commerce à l’étranger, est-ce que vous avez d’autres projets en tête?  

«Oui! On travaille en ce moment à poursuivre notre expansion retail. Aujourd’hui, on a deux magasins à Montréal [un dans le Mile End et l’autre sur Sainte-Catherine] et on a pour objectif d’en ouvrir d’autres dans des endroits stratégiques au cours des prochaines années. Le retail, c’est un environnement très dynamique et très changeant, surtout depuis la pandémie, mais pour nous, c’est important de travailler sur des concepts de boutiques qui représentent une offre plus complète pour le client. On veut que les gens entrent dans notre univers esthétique, notre univers tactile, pour une expérience d’achat singulière.» 

Votre meilleur conseil pour se lancer en affaires:  

«Bien s’entourer. Que ce soit avec des associés ou des mentors, c’est important d’avoir des gens avec qui on peut confronter nos idées. Il y a des entrepreneurs qui ne souhaitent pas partager leurs idées de peur de se les faire voler, mais pour moi, il faut avoir le réflexe inverse: en discuter autant que possible, les confronter au marché, en parler aux utilisateurs ou à des gens d’expérience qui peuvent valider notre concept.» 

Un.e entrepreneur.euse qui vous inspire:  

«Aldo Bensadoun, le fondateur du groupe Aldo. Il a réussi à créer une entreprise qui a des ramifications un petit peu partout. Et au Québec, il a eu beaucoup d’impacts positifs sur la communauté: il a créé des emplois ici et des centres d’expertise sur la chaussure qui sont assez importants. C’est un succès dont le Québec peut être fier!» 

Votre application favorite:  

«Spotify. Même si on sait que ça a eu des répercussions parfois difficiles pour les musiciens, comme amateur de musique et moi-même musicien, d’avoir accès à un catalogue infini de chansons, je trouve ça incroyable. Quand on repense à l’époque où on devait aller acheter des CD ou des cassettes, c’est vraiment une chance et j’en profite beaucoup.» 

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