Ashish Gupta: L'amoureux des paillettes
Les paillettes ont longtemps été considérées comme tout indiquées pour les costumes de scène. À Londres, le designer Ashish Gupta, qui a entre autres habillé M.I.A et Madonna, réinvente la paillette pour lui donner une touche plus moderne et tendance que jamais.
Ashish Gupta, un designer indien qui vit en Angleterre, est complètement obsédé par la culture pop américaine. Métro l’a rencontré dans son showroom à Londres pour discuter de son processus de création et de sa vision des paillettes qu’il aime tant.
Vous avez grandi à Delhi et êtes le fils de deux médecins. Comment vous êtes-vous retrouvé dans le monde de la mode?
Je suis obsédé par la mode depuis que je suis tout petit. Ma mère était un peu révolutionnaire dans sa façon de se vêtir. Porter des vêtements européens comme elle le faisait à la fin des années 1970, ce n’était pas la norme pour une femme à Delhi. Il y avait aussi toujours un magazine Vogue à la maison. Et je me souviendrai toujours du premier défilé auquel j’ai assisté. C’était un défilé de mode spécial que la célèbre créatrice britannique Zandra Rhodes avait organisé dans la région.
Et vous êtes finalement allé travailler pour Zandra à Londres…
Eh oui! En Inde, le design de mode n’était pas une professions à l’époque. J’ai donc toujours su que je devais aller ailleurs pour travailler dans ce domaine.
On sent une forte influence du sport américain dans votre travail. D’où cela vient-il?
J’ai toujours été obsédé par Hollywood, Andy Warhol, Walt Disney – toutes ces choses qui définissent la culture pop américaine. Certaines de mes premières influences étaient des gens comme Bob Mackie, Oscar de la Renta, le costumier Adrian. Ils m’ont donné des notions sur le glamour américain.
En parlant de glamour, vous utilisez énormément les paillettes dans vos créations…
Je suis devenu obsédé par les objets étincelants et brillants quand je créais ma collection MA à Central Saint Martins. J’ai fait mes créations très grandes, avec des chaussures à semelles hautes et pailletées qui faisaient crunch, crunch à chaque pas des mannequins sur la passerelle. Elles ont été inspirées par les pantoufles en rubis de Dorothy dans Le magicien d’Oz. J’aime la façon dont les paillettes peuvent donner une dimension différente aux choses, la manière dont les vêtements tombent quand on y ajoute des paillettes et la façon dont celles-ci ajoutent de la profondeur à la couleur. J’aime l’idée d’une fille en pyjama pailleté. Si je vois une fille portant cela dans une boîte de nuit, je deviens fou! J’ai donc décidé d’en concevoir pour ma dernière collection.
Vous êtes-vous déjà inspiré des gens que vous rencontrez pour vos créations?
Très souvent. Je prends toujours beaucoup de photos. Si je vois quelqu’un qui porte quelque chose d’intéressant dans le bus, je vais même jusqu’à tenter de le prendre sournoisement en photo avec mon iPhone…
S’est-on déjà fâché à ce sujet?
J’ai eu des problèmes quelques fois… Les gens pensaient que j’étais un pervers.
Vous ne demandez jamais la permission?
Je suis trop timide pour cela. Une fois, j’ai vu une fille dans le métro qui avait un sac beaucoup trop cool, de style un peu étrange, vintage, en peluche. J’ai essayé de prendre quelques photos du sac, pour finalement vers la fille et lui dire : «Écoutez, je n’essaie pas de faire mon drôle et je ne suis pas un freak. Mais je veux vraiment votre sac. Combien voulez-vous me le vendre?»
Vous l’a-t-elle donné?
Pour 80 $! Elle l’a littéralement vidé pour me le vendre. Plus tard, j’ai l’ai contactée et je lui ai donné des billets pour qu’elle vienne voir mon défilé. Ç’a été un beau moment.