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Montréal Kitsch: Tournée du Montréal en minou et en simili-bois

Montréal compte plus d’un lieu où la 50 tablette, la coupe Longueuil et les langues dans le vinaigre sont roi. Plongeon dans cet univers avec Sébastien Diaz, dont le livre Montréal Kitsch sera lancé demain.

«J’ai bien plus de fun à aller passer une soirée dans une taverne que sur Saint-Laurent dans un club branché.» Sébastien Diaz ne semble pas être le seul de sa génération à revisiter les lieux kitsch – et non quétaine – de Montréal.

«Les tavernes sont pleines de jeunes. La clientèle rajeunit. C’est le côté nostalgique de notre génération», croit le journaliste et auteur de Montréal Kitsch, lancé demain à la taverne Cou-Cou, rue Bélanger, un des 98 lieux dont il est question dans ce guide touristique.

Et on n’y retrouve pas que des bars. Avec les incontournables Stade olym­pique, Jardin Tiki et autre Binerie Mont-Royal se retrouvent des restos, des magasins et des motels tous plus kitsch les uns que les autres. «Pour moi, c’est un hommage. En visitant les endroits, je disais que je faisais un guide sur les lieux colorés», souligne Sébastien Diaz. Des lieux colorés peut-être, mais à la peinture un peu défraîchie. «On ne les protège pas assez, déclare l’auteur. Ce sont des trésors nationaux, ça fait partie du patrimoine de Montréal. Il faut les conserver.»

Revisiter le passé
Montréal Kitsch propose de revisiter ces lieux qui tombent parfois en ruine ou qui sont menacés de fermeture. Le Bingo Mont-Royal, qui est cité dans le guide à titre posthume, est une des dernières icônes kitsch à être passées sous la guillotine.
Pour Sébastien Diaz, tous ces lieux ont quelque chose de très québécois, de très culturel. «Je ne sais pas, ailleurs, s’il y a une aussi grosse culture du kitsch.»

Le kitsch est partout toutefois. Avec tout ce qu’il y a au Québec, on pourrait très bien faire un guide pour la province, admet le journaliste. Y a-t-il un endroit en ville qui remporte la palme du kitsch? Deux aux yeux de Sébastien Diaz : la Plaza Saint-Hubert et la Pro­menade Ontario. «Je ne savais plus quoi garder pour le guide, tellement il y a d’endroits différents!»

Métro a demandé à Sébastien Diaz ses coups de cÅ“ur kitsch…

Où manger?
«Le Blanche-Neige (5735, Côte-des-Neiges). C’est ouvert 24 heures sur 24. Ça a l’air d’un vieux chalet suisse à l’intérieur, c’est un peu tout croche. La bouffe est super bonne. Il y a une murale de Blanche-Neige, faite par un étudiant de l’Univer­sité de Montréal qui était payé en spaghetti. Tu peux débarquer en pleine nuit pour te faire un trip hallucinogène en regardant ça.»

Où se divertir?
«La saison estivale approche. Le miniputt Jean-Talon (4400, Jean-Talon E.). LE mini-putt au Québec. C’est comme le Forum des joueurs de miniputt. Tu sens les esprits de tous les joueurs de miniputt qui y sont passés. Il tombe un peu en ruine, mais tu peux rencontrer Carl Carmoni, qui y est souvent.»

Où boire?
«La taverne Cou-Cou (1240, rue Bélanger). C’est une petite taverne de quartier qui a l’air de rien, mais chaque vendredi, samedi et dimanche soir, il y a le duo Unisson qui fait de la musique. Ils sont super sympathiques. Ils ont toujours le même répertoire, et ce sont les mêmes gens qui sont assis aux mêmes places. C’est comme Le jour de la marmotte. Mais le party pogne. Tu ne peux pas résister et tu danses un continental.»

Où magasiner?
«La Plaza Saint-Hubert au complet, mais si j’avais à choisir, ça serait la boutique Hariette (6797, rue Saint-Hubert). On y vend des vêtements d’enfants pour les grandes occasions, mais le charme réside dans les mannequins! Des mannequins d’enfants qui ont les yeux vitreux. On dirait une vitrine de Chucky! Il y a des mannequins abîmés auxquels il manque un bras ou la tête. Honnêtement, c’est pas cher, et ma tante y a trouvé son compte.»

Où dormir?
«Le Hilltop Motel à Vaudreuil-Dorion (1150, route Harwood). C’est un motel sur une hill… d’où le nom! Tu prends une sortie de la 40 et tu roules dans le bois, pis tout à coup, il y a une petite lumière en haut de la colline, pis t’as le motel et un bar de danseuses… avec des extras! Ça tombe un peu en ruine, mais il y a un cachet; on dirait vraiment une nuit dans un film d’horreur. Pour les courageux!»

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