Fort-de-France, une ville vivante et colorée!
Principal port de la Martinique, où transitent tous les navires étrangers, Fort-de-France se présente, sous tous rapports, comme la plus importante ville de l’île aux fleurs. D’ailleurs, plus du quart des Martiniquais y vivent, soit quelque 100 000 personnes.
Fort-de-France, siège de la préfecture de la Martinique, en est bien sûr le chef-lieu administratif. On y retrouve les conseils général et économique, les grandes banques, les consulats, l’évêché, le Trésor, etc.
C’est en arrivant par la mer qu’on apprécie le plus Fort-de-France. On y goûte alors avec ravissement le spectacle saisissant d’une petite ville grouillante, cachée tout au fond de la magnifique baie des Flamands et encerclée de collines, avec, à l’arrière-plan, la silhouette de quelques-uns des plus hauts sommets de l’île.
Tous aimeront l’animation des grandes rues commerçantes de la ville où, au mépris de tous les clichés sur la supposée nonchalance antillaise, s’affairent les Foyalais.
Ils s’éprendront aussi de la Place de la Savane, ce vaste espace vert autour duquel s’étend le centre-ville et où tout le monde vient se pavaner ou se reposer durant la journée. On y voit, en plus, au nord de la place, la statue de l’impératrice Joséphine, qui était originaire de la Martinique. Non loin de là, vous ne pourrez rester indifférent au charme de la bibliothèque SchÅ“lcher, symbole de la ville.
Il faut compter une journée pour visiter Fort-de-France. Tous les monuments sont situés dans un périmètre assez restreint, facilitant ainsi leur découverte à pied. Seuls quelques attraits situés en périphérie pourraient justifier l’utilisation d’une automobile dans les parages, encore que les taxis individuels ou collectifs permettent de s’y rendre.
Les incontournables
Place de la Savane
Dès votre descente du bateau, vous apercevrez, de l’autre côté du boulevard Alfassa, qui longe le bord de mer, une grande étendue de verdure de cinq hectares avec des allées fleuries, de beaux grands palmiers royaux, des bancs où plusieurs se prélassent, des statues élevées à la mémoire de quelques grands personnages et des étals où l’on marchande ferme : la fameuse Place de la Savane.
C’est dans sa direction que convergent bon nombre de visiteurs dès leur arrivée dans le chef-lieu, prêts à négocier serré avec les marchands de serviettes de plage, de t-shirts, de chapeaux, de poupées, de tableaux… qui se rassemblent dans le marché artisanal situé dans le coin ouest de la Place.
Rue commerçante
À Fort-de-France, vous vous en rendrez très vite compte, l’activité commerciale est trépidante. Plusieurs des rues du centre-ville accueillent chaque jour des milliers de clients et clientes. Parmi celles-ci, les rues Victor-Hugo, Moreau-de-Jonnes, Antoine-Siger, SchÅ“lcher et de la République possèdent les plus belles boutiques, où se côtoient tous les grands noms : Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Lacoste, Rolex, Yves Rocher, Mont Blanc…
Marchés
Pour l’activité débordante qu’on y découvre, pour la nourriture qu’on s’y fait offrir à grands coups de superlatifs et pour le pittoresque de l’expérience, la visite des marchés de Fort-de-France s’impose. Le matin, dès le retour des pêcheurs, il faut commencer par le marché aux poissons de la Place Clémenceau, sur le bord de la rivière Madame. Vous n’en reviendrez pas de la multitude de couleurs, celles des poissons tropicaux, bien sûr, qui couvrent les étals.
Près de là, à côté du Parc Floral et Culturel, le marché aux légumes est à ne pas rater. Encore ici, l’art du marchandage prend des dimensions épiques. Finalement, le marché couvert, situé à l’angle des rues Blénac et Isambert, se présente comme un gigantesque bazar où il semble qu’il n’y ait rien que l’on ne puisse trouver : épices, fleurs, plantes médicinales, artisanat…
Musées
Si vous visitez Fort-de-France, il vous faut passer par le Musée Départemental d’Archéologie et de Préhistoire, dont la visite est essentielle. Consacré à l’archéologie précolombienne et à l’étude de la préhistoire de l’île, ce musée raconte l’implantation des Arawaks puis des Caraïbes sur le territoire martiniquais.
Plus de 1 000 pièces (poteries, figurines, coupes gravées, etc.) issues de fouilles archéologiques relatent l’histoire amérindienne de la Martinique de 4000 av. J. C. à 1660 ap. J. C. Le bâtiment qui abrite aujourd’hui ce musée était anciennement l’édifice de l’Intendance militaire et fut construit en 1898.
Le Musée régional d’histoire et d’ethnographie a emménagé en 1998 dans
une maison bourgeoise du XIXe siècle, rare exemple du genre encore visible à Fort-de-France. Ce musée possède une importante collection de costumes, de bijoux et de pièces de mobilier créoles, ainsi que d’instruments de musique traditionnelle.
Le Musée du Carnaval et des Traditions Populaires de la Martinique propose quant à lui la découverte des costumes colorés utilisés pendant les carnavals d’hier et d’aujourd’hui.
Autour de la ville
Il ne faut pas manquer de faire une balade du côté du quartier résidentiel du Plateau Didier, probablement le plus beau de Fort-de-France. De magnifiques villas coloniales aux accents louisianais, toutes blanches et entourées de splendides jardins, bordent la route qui y mène.
Ce chemin serpente ensuite à travers une végétation luxuriante avant d’aboutir finalement à la fontaine Didier, une source thermale (33 °C) acidulée, bicarbonatée et ferrugineuse. Le nom de Didier est celui du premier à avoir utilisé l’eau de cette source, dès 1853, pour les bienfaits qu’elle pouvait apporter à ceux qui souffraient de problèmes de foie ou de rhumatismes. Quant à l’entreprise d’embouteillage, fondée en 1917, il est possible de la visiter sur réservation.
Aperçu historique
C’est en 1502, lors de son quatrième voyage au Nouveau Monde, que Christophe Colomb débarque sur la côte caraïbe de la Martinique et prend possession de l’île au nom de l’Espagne. Les Espagnols ne donneront toutefois pas suite à cette découverte, et la Martinique deviendra française en 1635 à l’arrivée de Pierre Belain d’Esnambuc, qui fondera la ville de Saint-Pierre. Au cours des décennies suivantes, l’exploitation des esclaves africains déportés aux Antilles constituera le fondement du système économique qui assurera le développement de la colonie. L’esclavage ne sera officiellement aboli en Martinique, comme en Guadeloupe, qu’en 1848. Au début du XXe siècle, une éruption particulièrement violente de la montagne Pelée, survenue le 8 mai 1902, détruit entièrement la ville de Saint-Pierre et coûte la vie à ses 30 000 habitants. La loi du 19 mars 1946 établit la Martinique comme un département français d’outre-mer.
Le saviez-vous?
Paul Gauguin a séjourné brièvement en Martinique, de juin à novembre 1887, et certains historiens de l’art prétendent que ce séjour fut déterminant dans la carrière du peintre. C’est ici que Gauguin a réalisé ses premières fresques tropicales, avant même que débute son importante période de Tahiti. Le Musée Gauguin, à l’Anse Turin, sur la côte Nord Caraïbe, rend compte de cette étape de la vie du peintre.
La gastronomie
Les poissons et les crustacés sont les grandes vedettes de la cuisine traditionnelle créole, un mélange d’influences venant d’Afrique, d’Inde, de France et des Caraïbes. De l’entrée (accras de morue, soupe z’habitants) au dessert (blanc-manger, glace coco), en passant par les plats principaux (colombos, court-bouillon, blaffs), cette cuisine s’avère variée et tout à fait délectable. La saveur de plusieurs mets est rehaussée par l’utilisation de nombreuses épices (piment, cannelle, muscade) et l’accompagnement de fruits et légumes tropicaux. Côté boissons, les rhums martiniquais comptent parmi les plus réputés du monde.