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Montréal en catastrophes: Rien ne se crée, tout se transforme

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les pompiers de Montréal devaient parfois, l’hiver, demander de l’eau bouillie aux gens qui vivaient à proximité des lieux d’un incendie pour dégeler la glace qui obstruait leurs boyaux.

Voilà le genre d’anecdote qu’on apprend en suivant la visite guidée organisée par le Centre d’histoire de Mont­réal qui s’intitule Catastrophes! Les évènements tragiques à Montréal. Métro a sorti ses souliers  confortables pour suivre la visite.

Pas mal d’incendies
13 juin 1910, square Victoria. Il est 10 h, un terrible crac! se fait entendre. «C’est l’énor­me réservoir d’eau situé sur le toit qui vient de percer le plafond ainsi que les quatre étages du bâtiment», raconte David Bureau, notre guide. Les énormes presses du quotidien Montreal Herald s’effondrent jusqu’au rez-de-chaussée, le plomb en fusion utilisé pour l’impression met le feu au bâtiment. On sortira 35 victimes des décombres, mortes écrasées, brûlées vives ou peut-être aussi noyées par les litres d’eau déversés par les pompiers.

Des incendies, on s’en fait raconter pas mal pendant cette visite dans le Vieux-Montréal. Par exemple, le premier grand hôpital terminé en 1694, rue Saint-Paul, a brûlé 3 fois en 39 ans. «Chaque fois, c’est la communauté qui a dû trouver des fonds parce que le roi de France se faisait tirer l’oreille», ajoute notre guide.

À l’époque, pas de service d’incendies. On fait la chaîne avec des seaux d’eau à partir du fleuve. Au tournant de l’an de grâce 1734, on développe la technique du sautage qui consiste à détruire les maisons voisines pour éviter que l’incendie ne se propage. La première brigade, le Fire Club no1, est créée vers la fin des années 1770 par le brasseur John Molson, mais n’éteint que les incendies affectant directement ses membres.

«Ce n’est qu’après l’incendie du 9 juillet 1852, dans lequel 1 200 maisons sont détruites, qu’on envisage la création d’un service des incendies», expli­que M. Bureau. Le feu, qui prend naissance dans une boucherie située aux environs de l’actuelle Place des Arts brûle tout sur son passage, jusqu’aux portes du Village (qui, bien évidemment, n’existait pas encore!). Le plus gros incendie montréalais laisse un cinquième de la population sans-abri et fait la une du London Illustrated.

La première catastrophe
Mais il n’est pas seulement  question d’incendies dans cette visite. La première catastrophe naturelle daterait de 1642, l’année de l’arrivée des premiers colons dans ce qui s’appelle alors Ville-Marie. Le 24 décembre, à cause du redoux, le niveau du fleuve monte dangereusement. Paul Chomedey de Maisonneuve, le fondateur de Montréal, fait alors une prière : si l’eau baisse, il portera une croix qu’il plantera en haut du mont Royal. La suite, vous la connaissez.

Catastrophes! Les évènements tragiques à Montréal
Réservation obligatoire au 514 872-3207

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