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Viens voir les Norvégiens

Pierre Duchesneau - Métro

Oui, la Norvège est plutôt chère. Mais cette arête dans le gravlax ne devrait pas vous
empêcher de fouler un jour cette terre nordique aux paysages à couper le souffle, entre
villes universitaires branchées et hameaux de pêche cachés à l’ombre des fjords. «Les Norvégiens mènent une vie confortable… mais n’allez pas le leur dire!» lit-on en introduction du guide Lonely Planet Norvège.

Est-ce à dire que ce peuple descendant des Vikings aurait la grosse tête? Rien n’est moins sûr : partout où vous irez, on sera ravi de vous raconter, en anglais s’il vous plaît (pour peu que vous commenciez la conversation par un hei sincère – le bonjour norvégien), une anecdote cocasse ou un fait historique. Froideur scandinave, vraiment?

Il faut le reconnaître : les 4,8 millions de Norvégiens ont de la chance. Beaucoup de chance. En plus d’exceller dans les sports d’hiver (Lillehammer, quelqu’un?), ils se partagent un territoire d’une richesse, d’une diversité et – détail non négligeable – d’une propreté inouïes. Malgré tout, cette étendue de 325 000 km2 risque de déstabiliser même le Canadien le plus entraîné aux grands espaces! Par où commencer, alors? Visite-éclair en quatre points cardinaux.


Nord («nord») : Tromsø et les îles Lofoten

Université et jardin bota­nique les plus au nord. Restaurant Burger King le plus au nord. Église catho­lique la plus au nord. Maga­sins H&M et Benetton les plus au nord. De par son emplacement au 70e paral­lèle, Tromsø (prononcez «Tromseu») peut se targuer de compter plusieurs des «attraits» les plus nordiques de la planète! Cela donne à la ville une ambiance de bout du monde particulièrement festive. Un dynamisme qui semble aussi habiter les architectes, à voir le design éclaté de l’hôtel de ville, de Polaria (un passionnant musée de la faune polaire) ou la Cathédrale arctique (photo).

De là, quelques bonnes heures de bus vous mèneront vers la Norvège avec un grand N : Svolvær et Hen­ningsvær, dans les îles Lofoten, paisibles villages de pêcheurs sur lesquels veillent de majestueux fjords aux pics blancs. Profitez-en pour impres­sionner vos amis en visitant la ville qui porte sûrement le nom le plus court du monde : Å (la dernière lettre de l’alphabet norvégien)!

Sør («sud») : les «petites villes blanches»
Méconnue notamment parce que les trajets en transport en commun y sont un peu moins fréquents, la partie sud du pays n’en vaut pas moins le détour pour qui apprécie les villes paisibles où il fait bon flâner au fil de l’eau. On s’en doute, le climat n’y est pas le plus méditerranéen qui soit mais, avec leurs petites maisons en bois toutes blanches et leurs ruelles fleuries, des villes comme Grimstad, Risør, Lillesand et Arendal ne sont pas sans rappeler certains coins… de la Grèce!

Ne reste plus qu’à trouver une terrasse donnant sur les yachts pour déguster une bonne «prise du jour» accompagnée, pourquoi pas, d’un petit verre d’aquavit – une eau-de-vie typiquement scandinave à base de pomme de terre, de carvi, d’orange et de coriandre.

Øst («est») : Bergen
Plusieurs le diront – et ils ont raison –, Bergen, l’ex-capitale norvégienne des XIIe et XIIIe siècles, supplante Oslo en charme et en attraits. Il existe d’ailleurs une rivalité bien réelle de type «Québec-Montréal» entre les deux villes! L’avantage Bergen : le marché aux poissons, en plein cœur du centre, à quelques pas de Bryggen – un vieux quartier inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vous prendrez aussi plaisir à muscler vos mollets en vous perdant dans les labyrinthes de rues bordées de maisons en bois toutes plus colorées les unes que les autres, à visiter une foule de musées (dont celui… de la lèpre!) ou à emprunter le Fløibanen, un funiculaire qui vous mènera au sommet du mont Fløyen pour un point de vue inoubliable. N’oubliez surtout pas votre parapluie : il y pleut au moins 275 jours par année, les nuages restant prisonniers des sept montagnes qui encerclent la ville!

Vest («ouest») : Oslo et Lillehammer
Ironiquement, la capitale Oslo n’est pas la ville la plus intéressante ni la plus jolie, mais elle mérite quand même qu’on s’y attarde une ou deux journées. Au programme : le Munchmuseet, musée consacré à l’œuvre du peintre derrière Le cri; la Karl Johans Gate, rue principale bordée de cafés et de boutiques séduisants; Vigelandsparken, parc contenant 212 sculptures humaines conçues par Gustav Vigeland, un artiste qui ne manquait pas d’humour. Et pourquoi ne pas rendre votre découverte d’Oslo encore plus excitante en enfourchant un Bysykkel («vélo de ville»), le Bixi norvégien?

Filez ensuite vers la ravissante Lillehammer, située à deux heures de train. Sorte de Tremblant scandinave, la ville hôte des Jeux d’hiver de 1994 propose un intéressant musée olympique dans le Håkons Hall, qui recevait le tournoi de hockey. À quelques bâtons de hockey de là, peut-être verrez-vous même quelques athlètes s’exercer sur l’impression­nante piste de saut à ski, spectacle encore plus excitant vu du télésiège. Le panorama bucolique vous fera mieux comprendre pourquoi le comité olympique a élu cette ville.

Nor… vais-je me ruiner?

C’est la question à 100 couronnes. La réponse est non… si vous vous donnez la peine de fouiller un peu sur le web avant le départ. Certains sites sont unilingues norvégiens, mais quelques mots-clés comme gjestehus (pension), vandrehjem (auberge de jeunesse) et billig hotell (hôtel pas cher) vous permettront de trouver une chambre d’une qualité irréprochable pour 350 NOK par personne (environ 60 $), petit-déjeuner inclus.

Autre solution économique : le camping. Les terrains ne manquent pas, et le principe de l’allemannsretten («droit d’accès commun») prévaut ici comme dans la Suède voisine. Cela signifie que vous pouvez planter votre tente sur la pelouse d’un résidant pour une période de 24 heures.

Côté bouffe, les petits-déjeuners des hôtels et auberges – généralement de type buffet – sont bourratifs : œufs, pain, confitures, fromages, beurre, jambon et saucisson, muesli, hareng mariné et purée de poisson (si le cœur vous en dit… à 8 h du matin!), yogourt. Mieux : dans les villes portuaires comme Bergen, rendez-vous là où les bateaux des pêcheurs accostent et procurez-vous, pour l’équivalent de quelques dollars, de délicieux sandwichs au saumon ou aux crevettes. Côté fraîcheur, c’est plutôt difficile à battre!

4 plats à goûter sans faute

Du saumon, des crevettes, du steinbit (poisson-chat)…
La base même de la gastronomie norvégienne.

Des fromages 
C’est dans la ville de Tønsberg qu’a été conçu le bien connu jarlsberg en 1860, mais il faut aussi goûter au gjetost, un surprenant fromage de chèvre sucré, dur… et couleur beurre d’arachide!

Des kjøttkaker

Ce nom impossible à prononcer désigne des boulettes de viande semblables à la version suédoise – pensez Ikea –, mais aplaties dans leur variante norvégienne et servies avec des pommes de terre, de la confiture de baies et une délicieuse purée de pois verts.

Des vafler

Ce sont des gaufres à la cardamome en forme de cœur. Miam.

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