Évacuations par dizaines sur la rue Ranger
La décision d’évacuation a été prise par la ville. Si elle prive le propriétaire des immeubles, situés aux 11750 et 11760 de la rue Ranger, de revenus importants, elle ne règle pas pour autant le problème des locataires. Ceux-ci payaient en moyenne 400 à 500 $ par mois des réduits infestés par la vermine, la moisissure et les punaises de lit. Les fuites d’eau ainsi que les coupures de chauffage et d’électricité faisaient partie du quotidien des locataires, lit-on dans un communiqué du Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC). « La majorité des gens sont des nouveaux arrivants. Ils doivent se chercher maintenant des logements », explique Patrice Sansregret, du CLAC.
Problème ancien
Dolores Gordon a été évacuée. Elle habite à une de ces adresses depuis plus de 30 ans. « Le propriétaire voulait se débarrasser des anciens comme moi parce que nous lui causons des problèmes », dit-elle.
Elle a effectivement observé comment la situation s’est dégradée après que les immeubles aient été acquis, en 2006, par leur actuel locateur. Des issues de secours ont été obstruées et des cloisons ont été abattues et déplacées.
« Il a effectué d’importantes transformations pour ajouter des logements en réaménageant des 3 ½ en 1 et 2 ½ », raconte-t-elle. En décembre l’année passée, alors qu’il était à l’étranger, on est resté sans chauffage. On a appelé le 911, mais on nous a dit de faire une plainte à la régie du logement. »
« Je ne crois pas qu’on arrivera à bout de cette situation avec des avis d’infraction », observe Harout Chitilian, conseiller de ville de Bordeaux-Cartierville. Il a annoncé qu’il allait soumettre le cas de ce propriétaire à Russell Copeman, son collègue au comité exécutif de la ville de Montréal, responsable de l’habitation.
Il faut savoir que les plaintes concernant ces immeubles sont récurrentes depuis 2009. En avril dernier, le propriétaire a été contraint à faire des travaux de rénovation non sans bénéficier d’une subvention de 300 000 $. Quasiment une année plus tard, rien n’a été fait pour améliorer la situation des résidents. Il a été impossible de joindre le propriétaire pour avoir sa version des faits.