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Repenser le logement social montréalais

Fabien Jean-Simon - TC Media
Le Courrier poursuit la publication de l’entrevue menée avec Étienne Brunet, élu du district du Sault-au-Récollet et conseiller associé en grands projets, habitation et logement social au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal. Cette semaine nous abordons la délicate question du logement social.

La question du logement social implique une refonte importante de la réglementation municipale, mais nécessite aussi une réflexion à long terme. M. Brunet a d’ailleurs, au cours de son mandat, déposé plusieurs motions en ce sens. «Il y a plusieurs choses à dire. Au niveau du fédéral, la Société canadienne d’hypothèques et de logement ne finance plus le logement social.

C’est donc dire que les projets qui ont été construits dans les années 60 et 70 grâce à ce programme, devront être réhypothéqués pour les remettre en état. Nous avons peur de ne pas pouvoir contracter une nouvelle hypothèque à aussi long terme, mais aussi que ça entraine une hausse de loyer. On s’attend en ce sens que le gouvernement fédéral nous donne un signal, mais là nous avons l’impression qu’ils vont tout laisser tomber».

«Au niveau provincial, on a demandé à Québec de faire l’inventaire de tous les terrains qui sont excédentaires. Nous avons demandé qu’une entité soit créée qui aurait justement ce rôle, d’être à l’affût des terrains qui se mettent en vente. On pense aussi que la Ville de Montréal devrait avoir un droit de premier refus sur tous les terrains qui sont vendus par le gouvernement du Québec», estime M. Brunet.

Le terrain des garages du ministère des Transports, visé par un vaste projet immobilier, est un bon exemple croit l’élu. «Pour les terrains qui sont publics au départ, donc payés par nos citoyens, on devrait avoir une priorité sur la vente et ou décider d’en acquérir une partie qui sera réservée au logement social et abordable. C’est la première chose qui doit être faite, puisqu’en ce moment, personne ne se parle: ni entre ministères et entre arrondissements, mais pas davantage entre Québec et Montréal», déplore-t-il.

Inclusion et compensation

L’arrondissement Sud-Ouest a modifié bon nombre de pratiques immobilières au moment d’élaborer la revitalisation du secteur Griffintown. Certaines pistes de réponses s’y trouvent croit M. Brunet. «Tout un système de compensation a été développé là-bas. Ainsi, si pour des bonnes raisons, des logements sociaux ne peuvent être faits sur le site même d’un projet qui se développe, on exige alors que le promoteur fournisse soit un terrain équivalent ou qu’il donne une compensation financière qui serait allouée à un compte dédié au logement social. Nous avons demandé à ce que cette pratique soir officialisée pour donner un outil aux arrondissements désireux d’avoir des logements sociaux et qui souhaitent appliquer la stratégie.

Il s’agit donc de rendre la stratégie d’inclusion plus contraignante alors qu’elle est volontaire actuellement. «Notre seule façon de négocier c’est lorsque le promoteur doit effectuer un changement de zonage par exemple. Là, on peut insister pour davantage d’inclusions de logements sociaux. Il faudrait que cette stratégie d’inclusion soit donc obligatoire et appliquée uniformément sur le territoire montréalais», a dit l’élu de Vision Montréal.

Cette inclusion, il faudrait aussi en revoir le calcul croit M. Brunet. «On pourrait abaisser la limite d’inclusion de logement social pour les projets de 200 appartements et plus à 100. Aussi, il faudrait que ce calcul s’additionne pour les plus petits projets». Donc, un promoteur qui, avec plusieurs petits projets, dépasse le nombre limite de 100 unités, serait contraint de verser une compensation pour le logement social. «Ça nous permettrait aussi de reprendre en main où nous voulons nos projets de logements sociaux, et comment nous voulons les mener à bien», a conclu Étienne Brunet.

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