Se lancer en affaires à l’âge de « Liberté 55 »
Après 20 ans de scénarisation pour la télévision et le cinéma, l’écriture de quelques biographies, la création d’une première entreprise, Rédactions Louise Arbique, et la francisation de Mountain Equipment Coop, Louise Arbique a relevé le défi de démarrer son entreprise.
Persuadée que c’est en s’adressant en bon français à ses clients que l’on peut réussir à faire de bonnes affaires au Québec, elle a démarré son entreprise à l’âge de 55 ans, s’entourant de Jean-Guy Latulippe et de Marc Blais.
C’est en 2002, lorsque Mountain Equipment Coop, la plus grande coopérative de vente au détail au Canada, lui demande de superviser la francisation de la coopérative et de la positionner comme chef de file sur le marché québécois, que Louise Arbique peut actualiser sa théorie voulant qu’un bon français soit le premier marketing dans lequel toute entreprise au Québec devrait investir.
Une fois le mandat réalisé avec succès, elle décide de mettre cette approche au service d’autres entreprises.
Suite à l’engouement engendré par la francisation de Mountain Equipment Coop, Louise a créé en 2007 le concept du marketing linguistique, qu’elle continue de promouvoir sous la bannière FIG.
« On savait que le projet était viable, mais on ne savait pas en quoi consistait la gestion d’une entreprise. Nous avions notre expérience de vie. Gérer une entreprise, c’est prendre de nouvelles décisions plusieurs fois par jour. Quels sont mes clients ? Est-ce rentable ? On avait l’impression d’être des trapézistes amateurs, sans filet ! » explique Louise.
Louise s’est alors adressée à la CDEC Ahuntsic-Cartierville afin de s’adjoindre les services d’un mentor.
L’un des nombreux avantages du mentorat est faire réfléchir le mentoré afin de lui permettre d’éviter les erreurs. Fait à souligner : les mentors sont bénévoles. Ils donnent au suivant.
La responsable de la cellule de mentorat à la CDEC, Josette Garraud, leur a alors présenté Allan Flegg.
« Un anglophone pour nous conseiller? », s’est d’abord interrogée Louise.
Elle s’est vite toutefois vite ravisée. « Excellente idée, il savait comment nous devions nous adresser à notre clientèle anglophone ».
«Allan nous a montré comment regarder les choses par l’autre bout de la lorgnette. On voulait que ça marche vite ! Allan, qui préconise l’approche de Socrate, est plutôt du genre à poser des questions afin de comprendre les besoins. Et Dieu sait qu’il nous en a posé des questions, se remémore Louise.
Et nous avons vraiment mis en pratique les conseils d’Allan. Il était rassurant ! Vous savez, il arrive un moment, quand on ne lâche pas, où ça marche ! »
Suivant les conseils d’Allan, ils ont déposé une belle offre à une grande entreprise. « Un ami d’Allan nous a montré comment faire de l’argent. Nous avons augmenté à sa juste valeur le prix de notre offre de service (plus 22 %).
Il nous a fallu apprivoiser l’argent. Vous savez, le désir de faire de l’argent est un état d’esprit d’entrepreneur. Si on veut créer des emplois, être viable, il faut faire de l’argent !
Avec ce nouveau contrat en poche, nous avons pu nous payer des salaires raisonnables, sortir de la marge de crédit et faire du développement d’affaires auprès d’autres clients ».
C’est alors que leurs rencontres hebdomadaires sont devenues mensuelles.
«Allan me brassait : où vas-tu avec ça ? » explique Louise en souriant.
« Notre entreprise fait maintenant face à des défis de gestion de la croissance. C’est encore du nouveau pour nous ! Nous comptons maintenant 15 employés chez FiG .
Allan est sensible à nos personnalités, nous pose des questions, nous fait réfléchir, nous fait confiance ! Il me dit toujours : Tu as de l’instinct Louise ! La plus grande qualité d’un entrepreneur est de savoir reconnaître ses limites. Il faut savoir s’entourer ! Avoir recours à un mentor, c’est un signe de sagesse et le début de la richesse ! Une entreprise est comme un bon vin. Il faut se laisser le temps de décanter », conclut Louise.