À quelle heure, les gros bouchons?
J’entame ma treizième année d’emploi au Magazine de L’Île-des-Soeurs. Le quartier a beaucoup changé, au cours de cette période, mais je resterai toujours étonné devant l’acharnement de certains résidants à n’en voir que les aspects négatifs.
Même si les approches sont souvent différentes, c’est toujours la même cible qui est visée par ceux qui expriment leur mécontentement: le développement immobilier. Le développement dérange, mais à défaut d’acquérir les terrains qui appartiennent aux promoteurs, on ne pourra jamais le prohiber. Ce que l’on peut faire, cependant, c’est le baliser et, à mon avis, on le fait correctement. C’est ce qui a permis, au fil des ans, de sauvegarder une importante partie de la forêt et c’est aussi ce qui assure un accès aux berges de l’île, sur la majeure partie de son pourtour. Le quartier de L’Île-des-Soeurs est sillonné par un réseau de pistes cyclables et pédestres qui font l’envie d’un grand nombre de Montréalais et l’on y compte une vingtaine de parcs et espaces verts bien aménagés.
Cela ne rassure pas certains citoyens qui continuent d’exprimer leur mécontentement, leurs inquiétudes. Je me souviens très bien de la séance d’information au cours de laquelle on avait annoncé l’aménagement du premier carrefour giratoire. De prétendus experts, des urbanistes, des ingénieurs sont venus condamner ce projet et prédire d’innombrables accrochages devant ce nouveau concept inapplicable, disait-on, en sol nord-américain. Puis, on annonça le réaménagement de l’intersection principale, à l’entrée de l’île. Ce fut un nouveau déluge de protestations assorties des scénarios les plus apocalyptiques… Pourtant, ces grands malheurs ne sont pas survenus; les rapport policiers le démontrent irréfutablement. Plus récemment, on a même pu compléter le réaménagement complet des entrées et sorties de l’île, sans que les catastrophes appréhendées se matérialisent.
Il est vrai que le réseau routier de l’île est plus achalandé qu’il ne l’était dans les années 90. Mais je pense que l’on se trompe lorsqu’on attribue ces ralentissements aux lacunes des infrastructures locales. On n’a qu’à tourner les yeux vers les autoroutes et les ponts voisins pour se rendre compte que c’est à ce niveau que se situent les vrais problèmes de circulation. Parlez-en aux gens de la Rive-Sud ou aux usagers de l’autoroute Décarie!
Certains lecteurs font quand même état d’importants ralentissements de la circulation, dans l’île, aux heures de pointe. Je n’habite pas à L’Île-des-Soeurs, mais il m’arrive fréquemment de m’y rendre et d’en revenir, le matin et en fin de journée et je n’ai jamais eu l’occasion d’être retardé par des bouchons importants. Les policiers m’ont souvent fait le même commentaire.
Il est vrai que de nos jours, les piétons ont la priorité sur les autos et les conducteurs sont de plus en nombreux à respecter ce règlement. Est-ce que ça empêche les gens pressés de circuler aussi rapidement qu’ils le souhaiteraient? On peut se le demander…
Il reste que je suis peut-être chanceux et que je passe toujours dans l’île au moment où la circulation est assez fluide. D’où ma question: à quelle heure, les gros bouchons?