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La deuxième vie de Notre-Dame-de-la-Paix

Photo: Hugo Lorini/TC Media


La démolition de l’église Notre-Dame-de-la-Paix à Verdun avait fait couler beaucoup d’encre en 2013. Deux ans plus tard, le lieu de culte a laissé place à une ressource intermédiaire ultramoderne de 25 M$ pour les personnes âgées en perte d’autonomie, parmi les plus grandes au Québec. TC Media a pu visiter en exclusivité la résidence, avant son inauguration officielle en janvier.

Du haut de ses six étages, la Ressource Notre-Dame-de-la-Paix, située sur la rue Ethel, attire immanquablement le regard. Les immenses fenêtres donnent un air actuel aux vieilles pierres des champs qui ornent la façade.

«Nous avons conservé et retaillé toutes les pierres originales de l’église afin de souligner le caractère patrimonial de l’endroit, explique Yves Bonneville, le promoteur derrière le projet. Nous travaillons actuellement aussi à la mise en place d’un jardin commémoratif.»

Sur le côté de l’édifice trône la croix qui a accueilli les paroissiens pendant plus de 60 ans à l’église Notre-Dame-de-la-Paix. Trois piliers recevront bientôt les trois statues, restaurées en entier, qui ornaient jadis la porte d’entrée.

«On installera aussi trois bancs de pierre, et cinq présentoirs avec des photos et des textes qui raconteront l’historique de l’église», ajoute M. Bonneville.

Patrimoine préservé
Bien que la construction de la Ressource Notre-Dame-de-la-Paix ne soit pas encore terminée, 70 résidents y ont déjà fait leur entrée.

À terme, ce sont 165 personnes qui pourront bénéficier des services et des soins dispensés dans cette résidence privée conventionnée, un partenariat entre l’entrepreneur et le CIUSSS de Verdun.

À la droite de la porte d’entrée, les vieilles portes de l’église s’ouvrent sur une petite chapelle. Une messe y sera célébrée chaque semaine pour les résidents, ainsi que pour tous les paroissiens du secteur. «Des ébénistes travaillent actuellement à rénover tous les bancs, ainsi que l’autel qui étaient dans l’église», indique le promoteur.

Laurent Ravenda, le curé de la paroisse Sainte-Trinité, qui sera aussi en charge d’officier les services à la Ressource, est heureux que l’esprit de son ancienne église soit intact.

«Je suis content de voir que ça restera un lieu de soutien pour les gens. En plus, les paroissiens me disent qu’ils reconnaissent leur église dans la nouvelle bâtisse. Les architectes ont fait un travail admirable.»

Sur les étages, c’est la technologie et les installations dernier cri qui prennent la relève des vestiges patrimoniaux. Bains thérapeutiques et cuisine moderne côtoient salon de coiffure et douches adaptées. La cour extérieure, aménagée expressément pour les gens qui ont des problèmes cognitifs, est en chantier.

Stratégie montréalaise
Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal, félicite les initiatives communautaires de l’entrepreneur. «Je trouve sympathique qu’on ait voulu impliquer les citoyens dans la réalisation d’un jardin commémoratif et dans un devoir de mémoire. De plus, l’aspect public de la chapelle est très intéressant.»

Il émet toutefois un bémol sur la gestion au cas par cas de la conversion des églises. «Les lieux de culte ont une importance considérable au niveau de l’identité des quartiers. La Ville de Montréal doit faire preuve de leadership sur ce phénomène qui prend de l’ampleur, et développer une stratégie d’ensemble qui nous permettra d’entrevoir l’avenir avec confiance.»

Dans les 10 dernières années, pas moins de 285 églises ont changé de vocation au Québec. Parmi celles-ci, 17% ont été rachetées par une autre communauté religieuse. Plusieurs d’entre elles ont été transformées à des fins culturelles (8%) ou à des fins résidentielles (7%) alors que d’autres sont devenues des centres communautaires et sportifs, des bibliothèques ou ont été carrément fermées.

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