Montréal-Nord
15:30 26 mai 2020 | mise à jour le: 26 mai 2020 à 15:32 temps de lecture: 2 minutes

Désinfecter en temps de pandémie, un travail de moine

Désinfecter en temps de pandémie, un travail de moine
Photo: Olivier Faucher - Métro MédiaLine Boulianne passe plus de la moitié de ses heures de travail à désinfecter les espaces communs de 11 immeubles à logements.

En contexte de pandémie, les concierges sont devenus de véritables héros de l’ombre. Le Guide a rencontré une travailleuse dont le rôle est devenu de protéger plus d’une centaine de locataires d’un dangereux virus.

Line Boulianne est concierge pour la Société d’habitation populaire de l’est de Montréal depuis trois ans. Chaque jour, elle doit nettoyer 11 immeubles à logements du secteur nord-est de Montréal-Nord, l’épicentre de la pandémie au pays.

Depuis la mi-mars, la désinfection est devenue sa tâche la plus importante.

«Avant, on désinfectait une fois par semaine, et au besoin, explique-t-elle. Maintenant, c’est chaque jour et deux fois par jour quand on peut. Les fenêtres, les poignées de porte, les rampes, les boîtes aux lettres, les buanderies.»

Rien négliger

Armée de gants, d’un masque et d’une visière, elle désinfecte tout dans les aires communes. Aucune surface n’est laissée pour compte. Pour être efficace, il faut réfléchir à ce que grands et petits seraient portés à toucher.

«Il y a beaucoup d’enfants dans les blocs. Ils vont souvent se mettre la main dans le visage», a remarqué Mme Boulianne.

Les rampes d’escalier ne suffisent donc plus. Il faut aussi désinfecter les barreaux qui les soutiennent.

«Quand [des locataires] m’appellent pour me dire qu’ils ont passé un test et qu’ils sont en confinement, je vais nettoyer leur poignée deux fois.» -Line Boulianne, concierge

«Je ne veux pas que les locataires attrapent le virus», exprime Mme Boulianne qui a développé un lien cher avec plusieurs d’entre eux. Elle s’inquiète, car elle sait que certains sont plus vulnérables.

Aide précieuse

Line Boulianne ne s’en cache pas, le travail est plus fatigant, même s’il lui permet de se «tenir en forme». Heureusement pour elle, la SHAPEM a réaffecté plusieurs employés à l’entretien afin de soutenir les concierges qui sont aux prises avec la lourde tâche de la désinfection.

Une aide qu’elle dit «apprécie grandement», alors qu’elle estime maintenant consacrer plus de la moitié de ses heures à la désinfection.

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