Montréal-Nord choisit de conserver ses églises
«La paroisse a été supprimée en 2012. Le registre paroissial a été transféré à l’église Saint-Vincent-Marie-Strambi, et l’église est maintenant utilisée par la mission Notre-Dame d’Haïti », déclare Lucie Martineau, directrice des communications du diocèse de Montréal.
Depuis 2009, les paroissiens de Montréal-Nord participent aux réflexions sur la conservation des six établissements religieux catholiques de l’arrondissement.
« Le travail qui s’est fait un peu partout dans le diocèse, explique Mme Martineau, c’est que les paroisses se sont mises ensemble, et elles ont évalué, dans chaque quartier, leur capacité à travailler conjointement, leur vitalité, et leurs besoins.»
En 2011, après plusieurs phases de concertation, le comité de l’avenir des paroisses proposait aux fidèles trois scénarios de réaménagement du réseau paroissial. Un an plus tard, le cardinal Jean-Claude Turcotte appuyait leur choix en faveur de l’option «Foi» qui prévoyait initialement la vente de deux églises (Saint-Vital et Saint-Rémi) au lieu de quatre, tel que prévu par les autres scénarios. «Il y avait plus de 200 000 dollars de travaux nécessaires pour l’église Saint-Vital, et toujours moins de revenus, alors on a vendu», raconte Gaétane Roy, vice-présidente de la Fabrique de la paroisse Saint-Vincent-Marie-Strambi.
Moratoire
Au moment de son entrée en fonction en 2012, monseigneur Christian Lépine, archevêque de Montréal, a opté pour un moratoire. «Aucune église n’a été vendue sauf dans le cas des projets déjà très avancés. L’archevêché a voulu faire une pause pour s’assurer qu’une église soit ouverte dans chaque quartier», précise Lucie Martineau.
Priorité au culte
Dans d’autres municipalités, les églises ont connu des transformations en profondeur pour devenir des centres communautaires, des bibliothèques, et même un spa. À Montréal-Nord, toutefois, la priorité semble donnée à la préservation de leur vocation première: le culte. «Il n’y a pas tant d’églises fermées qu’on le dit. Beaucoup sont cédées à une autre église comme dans le cas de la mission Notre-Dame d’Haïti», affirme encore la directrice des communications du diocèse de Montréal.
Cette spécificité de Montréal-Nord s’explique, selon elle, par le fait que ce quartier compte peu d’établissements religieux. «À Montréal, dit-elle, plus on se rapproche du centre, plus les églises sont nombreuses. À un moment donné, peut-être que certaines personnes ont jugé qu’il y en avait trop dans certains quartiers, alors que dans ceux où il n’y a qu’une église, les gens y vont, et les familles restent présentes.» Gaétane Roy nuance : «Aujourd’hui, des églises disparaissent et les paroisses fusionnent pour trois raisons principales: le manque de prêtre, la baisse du nombre de pratiquants et la baisse des revenus. Grâce à la communauté haïtienne, l’église St-Vital est bien remplie, mais je n’irai pas jusqu’à dire à 100 % que cela correspond à la réalité démographique du quartier.»
Quelques données
Depuis 1995, le gouvernement du Québec a dédié près de 275 M$ dans la restauration du patrimoine religieux. En une décennie, 40 églises ont disparu dans la Belle Province. À Montréal-Nord, l’église habitat St-Camille cumule les fonctions d’église et de centre communautaire, depuis sa fondation en 1968.En 2012, l’église St-Vital est vendue à la paroisse Notre-Dame d’Haïti.Les autres églises : Ste-Collette, Ste-Gertrude, Saint-Rémi et Saint-Vincent-Marie-Strambi sont demeurées en place. La paroisse St-Rémi a néanmoins été dissoute, et dépend de celle de Saint-Vincent-Marie-Strambi.