Gilles Deguire à coeur ouvert
Quand, ou si Denis Coderre se décide à briguer le poste de maire de Montréal lors des élections de novembre prochain, Gilles Deguire affirme qu’il aimerait se joindre à lui et travailler en duo. « C’est clair comme de l’eau de roche. Je le connais depuis des années. C’est un passionné, qui ne fait pas toujours dans la dentelle comme moi et qui livre la marchandise. Il se donne à 110 %, il est présent et à l’écoute et il fera la différence à Montréal. » Et à quel poste se verrait-il? Comme bras droit de Coderre? L’ancien policier éclate de rire quand on lui demande et il rappelle que bien du travail reste à faire avant de penser au lendemain des élections du 4 novembre.
Entre autres, recruter, partout sur l’île de Montréal. « On se doit d’avoir des relayeurs d’informations qui sont nos yeux et nos oreilles. Il faut des gens dans les 19 arrondissements qui vont militer et partager la plateforme électorale de M. Coderre. Il faut être sur le terrain partout. On a beau faire des rassemblements, mais rien ne vaut des poignées de main et du travail sur le terrain pour vendre un rêve », lance M. Deguire. Il spécifie que la forme que prendra l’équipe Coderre n’est pas encore définie. « Il n’y a pas encore cette formation, ce parti ou ce regroupement. » Il remet aussi en cause la vieille façon de faire de la politique, avec un bassin de membres et des activités de financement traditionnelles.
Un clan serré ?
Doit-on s’attendre à ce que les quatre conseillers de Montréal-Nord suivent tous le maire de l’arrondissement dans son aventure? « Personne n’est encore venu cogner à nos portes, que ce soit Louise Harel, Richard Bergeron ou autres », précise M. Deguire qui a quitté le parti Union Montréal en février dernier, suivi le lendemain de son annonce par la conseillère Chantal Rossi.
Les trois autres membres du conseil, Jean-Marc Gibeau, Monica Ricourt et Clementina Teti-Tomassi, sont pour leur part toujours membres de l’ex-parti de Gérald Tremblay. « ll y aura encore beaucoup d’eau qui passera sous les ponts, dit-il à ce sujet. Je pense que dans les prochaines semaines, il va y avoir beaucoup d’action. Claude Daupphin, Manon Barbe, Michel Bissonnet : sont-ils en attente? s’interroge-t-il. En attendant, c’est à un jeu du chat et de la souris auquel jouent nos trois conseillers », dit-il aussi.
Pris en otage
Quand on aborde le sujet des retards dans la reprise des travaux sur le chantier à l’intersection des boulevards Pie-IX et Henri-Bourassa, Gilles Deguire perd un peu son calme. « Ça n’a pas de maudit bon sens! », s’insurge-t-il. Des 75 chantiers majeurs à Montréal dont les dossiers ont été mis sur pause pour une analyse par l’Autorité des marchés financiers, celui de l’intersection Pie-IX/Henri-Bourassa était prioritaire, croyait-on à Montréal-Nord. Mais Gilles Deguire a récemment appris que d’autres dossiers ont finalement débloqué avant le sien. « C’est un dossier prioritaire. Mais là, les Montréalais et les nord montréalais, on est pratiquement pris en otage. »
Celui qui préfèrerait, comme il le fait si souvent, parler du développement économique de son arrondissement semble découragé quand il est question de l’échéancier de ces travaux. On parlait au départ de 2014, alors que seraient réalisés les aménagements finaux : lampadaires, parcs, aménagements paysagers et trottoirs. Mais rien n’est plus certain. L’éventualité de voir ces travaux perdurer en 2015, alors que Montréal-Nord célèbrera son centenaire, donne de l’urticaire au maire. Des grues et de la poussière, il n’a rien contre. « Mais pas là, ailleurs! »
« Malheureusement, on ne peut pas reprendre les travaux dans les prochaines semaines et je trouve ça difficile à accepter. J’aimerais bien qu’on m’explique, mais semble-t-il que nous n’avons pas le droit de faire d’ingérence politique. Mais là, je fais ma petite montée de lait en disant que je trouve ça extrêmement difficile, d’autant plus que l’entreprise qui a remporté l’appel d’offres pour la phase deux est la même qui a réalisé la phase un du projet. Je ne les connais pas, je ne les ai jamais rencontrés, je n’ai jamais vu le propriétaire de l’entreprise, et en plus il a remporté l’appel d’offres en bas de notre estimation. Si ce gars-là est dans la mire pour ce qui est de la collusion ou autres, bien qu’on m’en informe! Après 75 jours, il devrait y avoir quelqu’un qui peut sonner une cloche à propos d’un dossier si important! »
D’ici à ce que reprennent ces travaux, et d’ici aux élections, Gilles Deguire entend rester proche de ses citoyens et continuer de vendre son arrondissement aux investisseurs d’ici et d’ailleurs. Et il promet qu’il continuera de le faire, peu importe l’issue du scrutin du quatre novembre prochain et le poste auquel on pourrait le nommer en cas de victoire de l’équipe Coderre.