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Violence conjugale : peur d'être aidées?

Quand une victime de violence conjugale contacte les policiers, ceux-ci doivent lui offrir, selon un protocole signé avec le Regroupement des CLSC de Montréal, de transmettre son dossier à une intervenante psychosociale de son quartier qui la contactera dans les 24 heures. Mais, selon des documents obtenus par le Guide de Montréal-Nord grâce à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, seule une minorité de femmes acceptent cette main tendue. La peur semble régner.

Des statistiques obtenues auprès du Poste de quartier 39 du SPVM indiquent qu’entre 2008 et 2010, 1250 événements criminels reliés à la violence conjugale ont été enregistrés à Montréal-Nord. Le SPVM, pour sa part, faisait état, en 2011, de près de 900 événements de violence conjugale rapportés à Montréal-Nord en 2008-2009. Des chiffres inquiétants : le quartier se démarque dans une ville déjà en deuxième position à l’échelle provinciale.

Mais voilà : les statistiques obtenues auprès du CSSS d’Ahuntsic et Montréal-Nord démontrent que peu de femmes, lesquelles représentent la grande majorité des victimes, acceptent que les policiers les mettent en lien avec le CLSC.

En 2008, 140 cas de violence conjugale impliquant 130 femmes ont été transmis par le PDQ 39 au CLSC de Montréal-Nord. En 2009, on parle de 135 cas, dont 126 femmes. Donc, au total, seulement 275 victimes, sur 896 cas rapportés pour cette même période, ont été mises en contact avec une intervenante psychosociale dans les 24 heures. Soit à peine 30 %.

Une main tendue

Signé en en septembre 2004, le « Protocole de collaboration entre le SPVM et le Regroupement des CLSC de Montréal pour assurer des services en matière de violence conjugale et familiale », dont nous avons obtenu une copie, vise entre autres à préciser le rôle des postes de quartier et des CLSC. Il s’agit de faciliter le dépistage, la référence et l’accès à des services de consultation psychosociale et de soutien. On veut ainsi briser l’isolement et améliorer la sécurité de la personne dans le besoin tout en accélérant le processus de consultation, faire connaître les services du CLSC auprès de cette clientèle et des policiers et uniformiser l’information qui est transmise, tout en adaptant le programme à la réalité linguistique, culturelle et ethnique de la population de Montréal.

Ce protocole encadre la collaboration entre policiers et intervenants psychosociaux et indique que chaque PDQ et CLSC doit désigner un responsable du dossier de la violence conjugale.

Statistiques relatives aux références de victimes de violence conjugale selon le protocole de collaboration entre le CLSC de Montréal-Nord et le SPVM

2005 : 111 cas (107 femmes et 4 hommes)

2006 : 121 cas (115 femmes et 6 hommes)

2007 : 120 cas (113 femmes et 7 hommes)

2008 : 140 cas (130 femmes et 10 hommes)

2009 : 135 cas (126 femmes et 9 hommes)

2010 : 139 cas (130 femmes et 9 hommes)

2011 : 224 cas (214 femmes et 10 hommes)

2012 : 207 cas (192 femmes et 15 hommes)

(Source : statistiques tirées des rapports d’événements policiers reçus à l’accueil psychosocial du CLSC de Montréal-Nord)

Vous pourrez lire un dossier complet à ce sujet dans le Guide de Montréal-Nord du 19 février.

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