Mairie : Coderre va attendre, à moins que…
« La première chose que je devais faire, c’était parler à mon chef Bob Rae et aux membres de mon caucus parce que plusieurs me pressentaient comme candidat à la chefferie. J’ai annoncé que je ça ne sera pas le cas, mais je ne partirai pas en sauvage, on est seulement 35, et j’aime mon parti et mon pays. On a convenu que je resterais jusqu’au choix du nouveau chef au printemps. Je ne suis pas maire en attendant ou alors maire peut-être », dit d’entrée de jeu M. Coderre depuis la colline Parlementaire.
« Ça m’intéresse, mais la décision finale n’est pas prise », poursuit-il à propos de la mairie de Montréal. Donc tout est possible, même une carrière hors de la sphère politique ? « Je ne prendrai pas une décision là-dessus tant que le nouveau chef du PLC ne sera pas choisi. À moins qu’il n’y ait une situation extraordinaire que je ne sais pas encore… Je ne suis pas un gars d’absolu, je suis un gars de gros bon sens. On s’adapte à la situation. »
On peut donc comprendre qu’il n’y aura aucune annonce quant à la mairie de Montréal avant le choix du chef du PLC en 2013? « En grande partie, c’est ça, à moins d’un revirement majeur qui m’amènerait à prendre une décision plus rapide. »
Tremblay devrait partir?
Ce genre de revirement, il pourrait survenir plus vite qu’on ne le pense. D’ailleurs, est-ce que le député de Bourassa croit que Gérald Tremblay devrait démissionner? « Moi je ne suis pas celui qui va lui dire de s’en aller, ce n’est pas ma job. Il y a des gens dans l’opposition qui le font, il y a des gens dans leurs champs de compétence qui peuvent le faire », analyse M. Coderre, qui poursuit en parlant du malaise qu’il ressent à la suite des révélations entendues à la Commission Charbonneau. « Je suis très inconfortable avec ce qui se passe à Montréal. Là, on va peinturer tout le monde avec le même pinceau, mais il faut faire attention et ne pas mettre tout le monde dans le même panier. »
Même retenue à propos de l’avenir de l’actuel maire de Montréal. « Pour lui, c’est une position inconfortable, mais c’est à lui que revient la décision. Là, il est allé se reposer, j’imagine qu’il va parler en revenant… »
Au lendemain de notre entrevue avec M. Coderre, La Presse révélait que, depuis 2001, l’Association libérale de la circonscription de Bourassa, celle du député, a reçu des milliers de dollars d’origine douteuse, des dons légaux, mais provenant « d’entreprises et d’individus montrés du doigt dans des affaires de corruption, de transactions immobilières douteuses et d’évasion fiscale », des contributions qui n’ont en rien influencé ses décisions politiques, a rétorqué M. Coderre.
Corruption : la solution Coderre
Pour lutter contre la corruption et la collusion, et afin de redonner confiance aux citoyens envers les politiciens, Denis Coderre propose quelques solutions.
Premièrement, tout le financement que reçoivent politiciens ou partis politiques devrait transiger par Internet, et les listes de donateurs devraient être accessibles rapidement pour tous. Aussi, la limite des dons devrait être revue, avec un maximum de 100 ou 200 $, ça reste à voir.
Ensuite, Denis Coderre remet en question la nécessité d’être à la tête d’un parti politique pour aspirer à diriger une ville comme Montréal, et il évite du coup de dire s’il joindrait Union Montréal ou s’il fonderait un nouveau parti. « Un conseil de ville, ce n’est pas un parlement, la partisanerie n’y a pas sa place », dit-il.
Finalement, il faudrait créer un poste d’inspecteur général et « réviser la théorie du plus bas soumissionnaire parce que ça donne des possibilités de collusion. » Cet inspecteur serait une police du contrat, avec des pouvoirs judiciaires, d’enquête et policiers. « C’est le gros bon sens et ça pourrait ramener la confiance », croit M. Coderre.