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Démystifier l’épopée des «cageux»

Démystifier l’épopée des «cageux»
Photo by: François Lemieux/Cités Nouvelles

Au XIXe siècle, les draveurs étaient responsables du transport des billots sur les rivières. Les cageux étaient ceux qui transportaient les trains de bois de Gatineau au port de Québec. Leur épopée est racontée dans une exposition de la Société patrimoine et histoire de l’île Bizard et Sainte-Geneviève jusqu’à la fin juin.

L’industrie forestière s’est réellement organisée au Québec avec l’arrivée de l’homme d’affaires américain Philemon Wright. Il est d’ailleurs responsable de la première cage nommée le Columbo, en 1806.

«C’est là que ça commence sur une base commerciale à gros volume. Il y en avait quelques-uns avant qui faisaient ce commerce. Mais ça se faisait sur une base très rudimentaire», explique le guide de l’exposition, André Laniel.

À l’époque, il faut quelques mois pour descendre le bois jusqu’à Québec. Au fur et à mesure que les techniques et les équipements se perfectionneront, les délais diminuent jusqu’à atteindre seulement de 10 à 15 jours. Des bateaux à vapeur ont notamment été utilisés.

«De Québec, les cages sont ensuite envoyées jusqu’à Liverpool, en Angleterre, où le blocus continental de Napoléon sévit. L’Angleterre s’est alors tournée vers ses colonies et on en avait beaucoup au Canada», indique M. Laniel.

Les cages
Avec les billots qu’on voulait acheminer, on construisait de grands radeaux d’environ huit par douze mètres. Avant de les attacher ensemble, il fallait auparavant «équarrir» le bois, c’est-à-dire en faire des billots très droits.

On appelait «cage» un groupe de radeaux reliés ensemble pour descendre la rivière. Ces cages sont munies de voiles et d’avirons pour avancer. Jusqu’à une soixantaine d’hommes à la fois sont embarqués sur la cage.

«Ils ont développé cette façon de transporter le bois parce que, quoiqu’il y avait des bateaux sur la rivière Outaouais ou des Prairies, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’un bateau puisse passer facilement. Plus tard, on utilisera des bateaux à vapeur pour traîner les cages et ce sera plus rapide», souligne M. Laniel.

Vers les années 1890, le développement de chemin de fer fait en sorte que la descente de cages devient obsolète.

«Avec les trains, on devient capable de faire de bien plus gros voyages beaucoup plus rapidement et avec beaucoup moins de monde», précise M. Laniel.

L’exposition présente une cinquantaine d’objets d’époque. Plus de 20 tableaux d’interprétation et plusieurs objets vous amènent dans le milieu de vie des cageux. Une maquette illustre le travail des bucherons, des draveurs et des cageux et un coin de l’intérieur d’un camp a été reconstitué pour l’exposition.

L’exposition «Les vaillants cageux», salle Pierre-Paiement à Espace patrimoine et histoire (15777, rue de la Caserne, Sainte-Geneviève). Mardi au vendredi 13h30 à 16h30. Réservation pour les groupes : 514 620-6271. L’entrée est libre, mais les dons volontaires sont acceptés.

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