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Pierre Marsan quitte la vie politique

Après 20 ans à représenter la circonscription provinciale de Robert-Baldwin, Pierre Marsan a annoncé lundi matin à son bureau de Dollard-des-Ormeaux qu’il ne sollicitera pas un nouveau mandat aux élections qui devraient être déclenchées au cours des prochains jours.

Dans une entrevue exclusive accordée à Cités Nouvelles, le député à l’Assemblée nationale a déclaré: «J’y ai réfléchi avec ma femme et mes deux fils. Nous sentons que c’est le bon moment pour que je me retire, pour donner l’opportunité à quelqu’un d’autre de représenter la circonscription».

M. Marsan était entouré de ses collègues députés de l’Ouest-de-l’île François Ouimet et Geoff Kelly au moment de l’annonce.

«Je perds un collègue et un ami à Québec», a témoigné M. Kelly. «Nous avons fabriqué de bons souvenirs au fil du temps.»

M. Marsan mentionne que le moment le plus marquant de sa carrière politique remonte au référendum de 1995 où l’Ouest-de-l’Île a joué un rôle-clé pour conserver le statut du Québec en tant que province canadienne. De concert avec d’autres députés de l’Ouest-de-l’Île, M. Marsan s’est débattu pour livrer environ 150 000 votes pour le non à propos de l’accession éventuelle du Québec à la souveraineté.

«J’aimerais que les gens se souviennent de ces 40 000 votes enregistrés dans le comté. Nous avons mené une forminable campagne avec Geoff Kelly, François Ouimet et d’autres aussi», a ajouté M. Marsan.

«On parle souvent du référendum et combien chaque vote de l’Ouest-de-la-Île a vraiment compté parce que le résultat final a été tellement serré (environ 50 000 votes à l’échelle du Québec)», a rappelé M. Kelly.

«Pour un Québec en santé»

On se souviendra aussi de M. Marsan pour son rôle de responsable de l’élaboration du programme électoral de 1998 intitulé Pour un Québec en santé, la défusion de Dollard-des-Ormeaux et l’amélioration du secteur Cloverdale de Pierrefonds au cours des années.

«Quand je suis arrivé, ce n’était pas un endroit sécuritaire. Il y avait beaucoup de violence et de drogue. Quand ils ont formé une coopérative, tout a changé. Les résidents ont décidé de prendre leur destin en mains», ajoute M. Marsan.

Encore aujourd’hui, le secteur Cloverdale demeure l’un des codes postaux les plus pauvres du Canada, avec encore beaucoup de chemin à parcourir.

«Le prochain député aura du pain sur la planche. On ne peut jamais s’arrêter car il y a toujours place à l’amélioration.»

Une controverse

Le député Marsan s’est attiré des bosses en septembre alors qu’il aurait prétendument signé une lettre de sollicitation envoyée aux membres de l’ Association Sépharade de la Banlieue Ouest de Montréal. La missive controversée demandait aux membres de contribuer financièrement au PLQ en leur rappelant des faveurs accordées par le passé. La semaine dernière, le directeur général des élections du Québec, M. Jacques Drouin, a blanchi M. Marsan de toute accusation. «J’ai reçu une lettre de sa main attestant que je n’ai jamais écrit, signé ou livré quelque lettre que ce soit à cette association», s’est-il réjoui. «C’était une tempête dans un verre d’eau.» C’est après une carrière dans le monde de la santé que M. Marsan a fait le saut en politique. Il y d’abord été élu député de Robert-Baldwin aux élections générales du 12 septembre 1994 et allait éventuellement devenir le secrétaire parlementaire du ministre de la Santé, adjoint parlementaire à la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles en 2003 et 2007. Au moment de son départ, il occupait encore le rôle de porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation aux adultes en plus d’autres fonctions.

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