Un coffre bien garni
Un soir d’automne 2004, M. Trépanier, alors responsable du financement pour Union Montréal, lui demande de venir l’aider à fermer la porte de son coffre-fort de deux pieds de hauteur par deux pieds de largeur.
« C’est la couleur qui m’a surpris », a-t-il expliqué parce qu’il croyait y voir des petites coupures ramassées habituellement lors d’activités de financement. « C’était rose, brun et rouge (des coupures de 1000$, 100$ et 50$). »
M. Dumont, qui n’avait « jamais vu autant d’argent », lui a conseillé à la blague d’en acheter un plus gros. Ce que M. Trépanier a fait deux semaines plus tard.
M. Trépanier a aussi organisé un déjeuner de financement à 10 000$ le couvert, au printemps 2004, dans le cadre de la campagne des défusions municipales. Quatorze entrepreneurs de firmes de construction et de génie-conseil y ont participé avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et son bras droit Frank Zampino, président du Comité exécutif.
M. Dumont a raconté que chaque entrepreneur avait payé par chèque, certains au nom de leur entreprise, le déjeuner au club Saint-Denis, un buffet froid à huis clos.
Après une allocution du maire, les entrepreneurs ont fait part de leur appréciation de l’administration.
« Le partage de la job se fait bien au sein de la nouvelle administration », se souvient-il avoir entendu.
Le maire, appelé « Gérald » par les entrepreneurs, renvoyait leurs doléances à Frank Zampino, lui aussi appelé par son prénom.
« Ça m’a marqué, le tutoiement », a affirmé M. Dumont.
Il ne se souvient pas des entrepreneurs présents sauf Nicolo Milioto, de Mivela Construction, parce qu’il a « écorché » son nom.
« Il m’a dit : appelle-moi Monsieur Trottoir », se souvient-il.
Joe Borsellino, de Garnier Construction, ne s’était pas rendu au déjeuner, mais il avait tenu à payer la somme de 10 000$ que M. Dumont a récupérée dans un bureau de l’arrondissement de Saint-Laurent, sans rencontrer M. Borsellino.
Fonctionnaires non collaboratifs
M. Dumont est aussi revenu sur les années où il œuvrait à titre de conseiller du maire Tremblay. Bien que responsable des dossiers jeunesse et développement social, il épaulait parfois ses collègues aux transports et infrastructures dans la révision des sommaires décisionnels.
« Nos fonctions n’étaient pas de refaire le travail de a à z, mais de voir les avantages politiques de les remettre au Comité exécutif et d’informer le maire s’il pouvait y avoir des cas problématiques », a-t-il expliqué.
Il appelait parfois les fonctionnaires lorsqu’il peinait à comprendre certains aspects du dossier.
« Les gens des infrastructures et des transports n’étaient pas très collaboratifs ou ils répondaient que c’était la loi du plus bas soumissionnaire qui les obligeait à accepter le contrat », a expliqué celui qui a reçu des plaintes de certains fonctionnaires qui trouvaient ses méthodes dérangeantes.