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Les résidents du boulevard Montréal-Est, inquiets

Pour une vingtaine de résidents du boulevard Montréal-Est ce n’est pas le son d’un cadran ordinaire qui les réveille, mais plutôt les puissantes vibrations d’un train de charge qui circule à une dizaine de mètres de leurs maisons. C’est la tragédie de Lac-Mégantic qui a ravivé les inquiétudes des citoyens qui exigent des actions concrètes à la Ville, ainsi qu’aux compagnies de transport ferroviaire du secteur.

Le 16 janvier 2011, une première lettre de pétition adressée au maire Robert Coutu ainsi qu’aux membres du conseil de ville énumérait une liste des préoccupations des résidents du secteur qui considéraient la voie ferrée dangereuse.

« La condition de la voie ferrée est très inquiétante pour les citoyens car elle semble, sous toutes réserves, en mauvais état », peut-on lire sur le document signé par 31 personnes, dont le promoteur de la pétition, Ronald Gravel. Le résident fait également allusion à la vitesse élevée du train, ainsi que le non-respect des horaires et le bruit excessif occasionné par le passage du convoi.

Le 21 février de la même année, M. Gravel recevait une réponse de la part de la division des affaires publiques et communications de la Ville, l’informant que selon le service de la sécurité ferroviaire de Transports Canada une inspection avait été effectuée auprès du chemin de fer en 2010 et qu’aucun défaut n’avait été décelé.

Le problème persiste

Le 9 août dernier, les résidents recevaient un document dans leur boîte à lettres les informant de démarches entreprises par le citoyen Richard Poissant qui revendiquait les mêmes préoccupations que M. Gravel en 2011.

Selon lui, le maire Coutu ainsi que la conseillère du district Monique Major avaient visité les lieux et lui avaient signifié leur appui et leur coopération. Il explique dans sa lettre, que les résidents sont appelés à se plaindre auprès des compagnies qui circulent dans le secteur, ce qui ne fait pas le bonheur de tous les citoyens.

« Je ne comprends pas pourquoi nous avons des élus, si nous devons nous-mêmes nous défendre auprès de ces compagnies qui ne nous écoutent pas », manifeste Patrick Lizotte, résident du boulevard Montréal-Est.

Selon les citoyens, la qualité de vie des résidents du secteur diminue en raison des bruits et des fortes vibrations auxquelles ils doivent faire face plusieurs fois par jour.

« D’après ce que je sais, ils sont contraints à circuler entre 7 h et 19 h et ils doivent également limiter leur charge à 13 wagons, ce qu’ils ne respectent jamais, soutient Claudia Gagnon, résidente du secteur. Nous ne voulons pas nuire aux opérations du Canadien National (CN) ou de Bitumar, nous voulons surtout être informés et rassurés. On dirait que ça prend tout le temps une tragédie pour que les gens agissent. »

Ils signalent également leur inquiétude face aux enfants qui jouent librement dans la rue adjacente à la voie ferrée.

« Il n’y a rien qui protège nos enfants, aucune clôture, aucune barrière. Je ne pense pas qu’aucun parent ne se sent rassuré de laisser ses enfants jouer dehors, comme dans n’importe quel autre quartier », explique M. Lizotte.

Le maire se défend

M. Coutu s’est dit conscient de l’état de dégradation de la voie ferrée située sur le boulevard Montréal-Est. Il soutient qu’il est présentement en conversation avec les dirigeants du CN pour que des réparations sur le territoire de la Ville soient faites d’ici peu.

Il explique que les règlements et les lois entourant le transport ferroviaire sont des compétences fédérales et que les villes ont très peu de contrôle dans le dossier.

« Si je demande aux citoyens de prendre leur téléphone et de se plaindre auprès du CN ou de Bitumar, c’est parce que je sais que leurs plaintes seront prises au sérieux, se défend M. Coutu. Nous sommes prêts à les supporter et à les accompagner dans ce processus, mais je sais de première main que lorsque les citoyens démontrent leur mécontentement c’est beaucoup plus effectif que quand c’est des élus qui le font. »

Il précise également qu’aucune entente n’a été signée entre Bitumar et le CN. « Quand les citoyens disent que ces compagnies sont contraintes à limiter leur charge à 13 wagons à chaque fois que le train passe, c’est faux. Ces compagnies prévoient transporter jusqu’à 40 wagons par jour tout dépendamment de leurs besoins, mais ils ne sont pas tenus de le faire, explique le maire. C’est la même chose pour les heures de circulation, ils tiennent compte des recommandations des citoyens, mais aucune entente ne les oblige à circuler à des heures précises. »

M. Coutu s’est dit confiant des bonnes intentions des compagnies et a indiqué que le travail se ferait étape par étape.

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