Rivière-des-Prairies : bilan 2012
La piste cyclable de la colère
Les élus n’imaginaient pas que le projet de piste cyclable sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste susciterait autant de grogne chez les commerçants qui y ont pignon sur rue.
Les premières critiques ont été formulées lorsque des commerçants dont les établissements se situent sur le tronçon du boulevard situé entre la rue Sherbrooke et l’autoroute 40 ont pris la parole au conseil d’arrondissement du 6 mars. Elles soutenaient qu’une piste cyclable n’avait pas sa place sur un boulevard industriel comme Saint-Jean-Baptiste.
Bien sûr, des citoyens et d’autres commerçants se sont montrés favorables au projet, dont un propriétaire d’un magasin de vélos et de skis, situé sur la rue Notre-Dame, tout près de Saint-Jean-Baptiste. Ce dernier estimait que la piste cyclable serait utile, car de nombreux cyclistes empruntent cette voie tous les jours.
Le 26 avril, les conseillers municipaux opposés à la mairesse, Giovanni Rapanà et Maria Calderone, ont donné leur appui aux commerçants.
Cette « saga » s’est terminée après la soirée d’information promise du 30 mai. Les élus y avaient invité des experts pour parler du projet. Les commerçants en ont profité pour déposer une pétition contenant selon eux 1000 noms.
Tomassi : démission et « procédurite »
Le 3 mai, l’ancien ministre libéral et député de LaFontaire, Tony Tomassi, démissionnait de son siège à l’Assemblée nationale. Deux ans auparavant, il avait été expulsé du parti libéral et depuis lors ne siégeait presque jamais au parlement. La chute de M. Tomassi a été causée par des soupçons de fraude et d’abus de confiance à son égard, sont devenus des accusations criminelles à la fin 2011.
L’année 2012 a été redondante dans ce dossier : les avocats de l’accusé ont continuellement repoussé le choix du type de procédure. D’abord, le 10 janvier, puis le 6 mars, et enfin, le 19 juin.
Le 11 septembre, la partie de M. Tomassi a opté pour un procès devant juge et jury, mais sans enquête préliminaire. Revirement le 3 décembre : elle a décidé d’abandonner le jury au profit du seul juge. Les parties ont convenu de se revoir le 25 mars afin de fixer la date du procès.
Rappelons que M. Tomassi fait face à trois chefs d’accusation qui pourraient chacun le condamner à un maximum de cinq ans de prison.
Une année électorale
Il est rare que les Québécois aient à participer à trois scrutins dans une même année. C’est pourtant ce qu’ont vécu en 2012 les Prairivois, du moins ceux qui résident dans le district où avait lieu l’élection municipale partielle du 11 novembre. Celle-ci avait été précédée le 11 juin par une élection provinciale partielle et le 4 septembre par une élection provinciale générale.
La première élection visait à remplacer le siège laissé vacant à l’Assemblée nationale après la démission de Tony Tomassi le 3 mai. Commencée six jours plus tard, soit le 9 mai, la campagne de 33 jours a finalement porté au pouvoir Marc Tanguay, le président du Parti libéral du Québec, le 11 juin. Le nouveau député, qui a quitté la présidence du parti depuis lors, a obtenu un peu plus de 50 % du vote exprimé.
Le 1er août, le premier ministre Jean Charest a déclenché une campagne électorale générale. M. Tanguay a conservé le pouvoir au scrutin du 4 septembre. Cette fois, il avait obtenu près de 60 % du vote exprimé. Le député a été réélu sans avoir eu le temps de siéger au parlement de Québec.
Finalement, suivant la démission de la conseillère dans le district de Rivière-des-Prairies Maria Calderone, le 30 juin, une campagne électorale municipale partielle a été déclenchée le 28 septembre. Au terme de cette course de 44 jours, Cindy Leclerc, du parti Vision Montréal, a défait son plus proche rival du parti sortant Union Montréal, Nino Colavecchio. Elle l’a devancé d’à peine 99 voix.
La langue qui embrase
La langue française a été couverte comme rarement dans le passé dans le journal. L’année a commencé en lion, alors qu’un article sur « L’état du français à Rivière-des-Prairies » suscitait l’indignation chez certains lecteurs anglophones.
Les spécialistes interrogés dans l’article soutenaient que Rivière-des-Prairies était le quartier dans l’est de Montréal où les immigrés ou enfants d’immigrés, qui sont souvent d’origine italienne, se sont le plus tournés vers l’anglais.
Le français a été l’objet d’articles plus tard dans l’année, à l’automne, alors que l’écrivain Antonio D’Alfonso, auteur de En italiques. Réflexion sur l’ethnicité, pourfendait les lois linguistiques au Canada.
En novembre, au même moment où le député Marc Tanguay annonçait à l’Informateur qu’il était porte-parole de l’opposition officielle pour la Charte de la langue française, les résultats du dernier recensement montraient que locuteurs du français étaient en léger recul dans l’arrondissement Rivière-des-Prairires—Pointe-aux-Trembles.