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Tempête à l’hôtel de ville

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Les conseillers Monique Major et Michel Bélisle ont annoncé leur défection de l’Équipe renaissance. Cette annonce inattendue en a laissé plusieurs bouche bée lors du conseil de ville de Montréal-Est. Pourtant, les divergences d’opinions entre les trois conseillers restants du parti municipal étaient de plus en plus flagrantes.

Au début de la séance du 30 octobre, le conseiller Bélisle s’est levé et a clamé son départ, et celui de la conseillère Major, du parti de l’ancien maire Yvon Labrosse.

« Nous avons beaucoup de difficulté à cautionner les orientations de l’Équipe renaissance depuis plus d’un an. Leurs décisions ne nous rejoignent plus. Certaines situations et certains propos ont causé des frictions avec l’Équipe […] », a déclaré le conseiller. Il a également expliqué que cette décision était prise au bénéfice des citoyens.

De l’autre côté de la salle, la dernière membre élue de l’Équipe, Sylvie Dauphinais, n’a pas sourcillé. En entrevue après la séance, elle s’est dite heureuse du départ de ses collègues.

« On ne se parlait plus. Ç’a commencé l’année dernière, avec la restructuration et le congédiement du personnel. J’étais exclue des rencontres, mais Monique et Michel étaient invités. Je trouvais ça “moyen”, que l’équipe ne se tienne pas, raconte Mme Dauphinais. […] notre relation commençait à être plus houleuse. Je me posais la question si je devais démissionner de l’Équipe ou leur demander de quitter parce que ça ne donnait rien d’être les trois dans l’équipe. Mais quelque part, je ne voulais pas démissionner parce que, moi, je respecte mon programme. »

« L’équipe renaissance, ce qu’on voulait, c’était reconstruire ce que la ville était avant, mais je trouve qu’ils ne projetaient plus ça parce que je suis la seule à vouloir sauver l’église. » Parmi les grandes lignes du programme de son parti qui n’étaient pas prônées par les démissionnaires, Mme Dauphinais énumère « donner tout ce qui est possible aux citoyens, les loisirs, donner un accès abordable pour les loisirs s’adressant aux enfants, les fêtes aux bords de l’eau, les festivités, mais là, on les perd graduellement ».

Les raisons du départ

Les conseillers Major et Bélisle sont restés discrets sur les exemples concrets qui ont mené à leur départ, évoquant, entre autres, des cas de désinformation et de salissage sur Facebook. « Ils ont émis des communiqués qui mentionnent le nom de Monique et mon nom et nous n’avons jamais donné notre accord, précise M. Bélisle. Nous n’avons pas vu ces communiqués. [Notre défection du parti] a commencé par des choses comme celle-là. »

Un autre élément pourrait avoir précipité leur départ. De l’aveu même de la conseillère Dauphinais, les candidats de l’Équipe renaissance pour l’élection 2013 ont déjà été choisis et il semble que les deux conseillers n’en faisaient pas partie. « Ça fait un an que nous étions prêts, mais, avant qu’ils nous mettent dehors, nous avons décidé de partir », admet Mme Major. Mme Dauphinais rejette pourtant cette thèse.

Ils ne sont toutefois pas les premiers à quitter le parti. « Ça ressemble à [ma démission] sauf qu’eux, ça leur a pris plus de temps, rappelle Alain Dion, qui siège à titre de conseiller indépendant. C’est pour à peu près les mêmes raisons [que je suis parti]. Je ne cautionnais pas ce qu’ils disaient. »

Alors, qu’il ne reste qu’une membre élue de l’Équipe renaissance, les candidats non élus aussi ont quitté le navire. C’est le cas notamment de Jacky Mastrovito.

L’érosion de renaissance

Rappelons que l’Équipe renaissance a été l’artisane de la défusion de 2004. Elle a été au pouvoir jusqu’en novembre 2009, date à laquelle le maire Labrosse est défait par Robert Coutu, lui-même démissionnaire de cette équipe. Mais le résultat est serré. Bien qu’élu, M. Coutu n’est accompagné que de deux conseillers, Anne St-Laurent et Mario Bordeleau, alors que l’opposition en compte quatre, Mmes Major et Dauphinais, MM. Bélisle et Dion.

Quelques mois après l’élection de 2009, coup de théâtre, l’un des piliers du parti, M. Dion, claque la porte. « Un mois après que le maire Coutu ait été élu, l’ancien maire [Labrosse] disait “[Coutu] n’est pas maire. Vous êtes quatre maires, lâchez le pas!” Moi, je disais “on va laisser la chance au coureur”. Il faut travailler pour la population, il avait gagné ses élections, nous n’étions pas pour être contre tout. Lorsqu’on a congédié Daniel Fournier, ça fait une guerre. C’était toujours de la vengeance perpétuelle alors, j’ai décidé de donner ma démission », raconte-t-il.

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