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Les bibliothèques libre-service se multiplient à Rosemont

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Lancé en avril, le projet de bibliothèque libre-service à Rosemont a connu un vif succès. Afin de répondre à la demande des citoyens et des organismes qui souhaitent accueillir un de ces véritables coffres aux trésors littéraires, Décider Rosemont ensemble, de la Corporation de développement communautaire (CDC) Rosemont, lance une une deuxième phase de déploiement.

« Il y a eu un gros buzz autour de ce projet. Plein de gens nous ont approchés pour nous dire qu’ils en voulaient une. On a donc décidé d’y aller avec une phase II », indique d’entrée de jeu Daniel Desputeau, agent de développement de Décider Rosemont Ensemble.

Les personnes désirant « adopter » une bibliothèque libre-service ont jusqu’au 1er décembre pour se manifester. La confection des boîtes isolées sera confiée à Le Boulot vers…, un organisme de réinsertion sociale qui apprend le métier d’ébéniste à des jeunes, situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Lors de la première phase, les coûts de fabrication, évalués à 120 $ par bibliothèque, ont été assumés par le comité instigateur du projet. Cette fois-ci, la facture sera refilée aux participants.

« On a entre 10 et 20 organismes et résidents qui se sont montrés intéressés. On ne peut pas payer pour autant de bibliothèques », explique M. Desputeau.

Les boîtes, assemblées, isolées et installées, seront donc vendues au coût de 80 $ aux résidents et de 130 $ aux organismes, qui seront responsables de les peinturer, de les décorer et de les entretenir.

Les bibliothèques devraient être livrées dès le mois de février. Un concours de décoration sera organisé lors d’un 5 à 7 à la fin avril,à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Le ou les gagnants, choisis par un jury mené par le bédéiste Michel Rabaglietti, parrain de l’initiative, verront les coûts d’acquisition de leur bibliothèque remboursés.

Un bilan positif

Déployé dans Rosemont depuis moins d’un an , le projet, qu’il qualifie « d’extrêmement positif » a déjà des répercussions positives sur le quartier, estime M. Desputeau, indiquant voir quotidiennement de nouveaux visages utiliser ce service.

« J’ai rencontré une femme qui n’avait pas lu un livre depuis 20 ans. Elle m’a dit avoir recommencé à le faire grâce à ce projet-là. Elle n’avait plus d’argent pour s’en acheter, ni le temps d’aller à la bibliothèque. Après avoir emprunté deux ou trois livres, elle est tombée sur un qui lui a plu. Juste pour ça, c’est-à-dire redonner le goût de la lecture aux gens, je trouve que notre initiative est réussie », partage-t-il.

D’autres secteurs, comme La Petite-Patrie et le Plateau, ont signifié leur intérêt pour le projet. Si M. Desputeau ne ferme pas la porte à une éventuelle phase trois à l’extérieur de Rosemont, celle-ci ne se fera pas tout de suite et devra émaner des différents comités citoyens existants. Il ne souhaite pas empiéter sur leur juridiction en implantant ce projet sur leur territoire.

Prisées des résidents, boudées des vandales!

Les bibliothèques libre-service ont généralement été épargnées par les vandales. Hormis quelques décorations arrachées, celles-ci ont tenu le coup et le partage de livres, quoique fluctuant, fonctionne toujours.

« Le roulement des livres est grand. Des fois, on panique, car les livres sortent pendant trois semaines, et on pense qu’on se les soit fait voler. Puis, tout d’un coup, il y a plein de gens qui en remettent et les bibliothèques sont pleines! Ça s’autorégule.

« Le seul gros hic qu’on a eu, c’est une fenêtre en plexiglas qui a été fracassée. Elle a été remplacée et depuis, on n’a pas eu de problèmes. Je m’attendais à ce qu’après un mois, la boîte soit par terre et qu’il n’y ait plus de livres. Les gens les respectent et y font attention », conclut-il.

Pour en savoir plus ou pour « adopter » une bibliothèque, on appelle la CDC Rosemont, au 514 524-1797, poste 230, ou on communique avec le d.desputeau@cdcrosemont.org.

Une bibliothèque libre-service, comment ça marche?

Le concept est simple : les usagers apportent un livre, en bon état, qui plaira et le déposent dans la boîte. En échange, ils peuvent en prendre un autre et repartir avec celui-ci, sans obligation de le rapporter.

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