Les effets du radon sur la santé
«Le radon est un gaz radioactif, inodore et incolore provenant de la décomposition de l’uranium que l’on retrouve dans la roche du sous-sol. Quand les gens respirent ce gaz, il y a des particules qui vont continuer de se désintégrer dans les poumons, ce qui crée des risques de cancer », explique Mme Price.
Selon elle, c’est le « seul risque à la santé » que représente le radon. Toutefois, pour qu’une telle situation se présente, il faut retrouver trois facteurs (exposition, concentration et inhalation de la fumée de cigarette).
« Il faut une exposition à long terme. On parle de toute une vie, c’est-à-dire en moyenne huit heures par jour pendant 70 ans. À court terme, il n’y a pas d’effet. Il faut aussi tenir compte de la concentration à laquelle on est exposée. La ligne directrice au Canada est de 200 becquerels/m3 (bq/m3). En haut de cette limite, il y a un certain risque. Puis, il y a la cigarette. Le risque est beaucoup plus important chez les personnes qui fument. Dans les cas de cancer de poumon reliés au radon, on parle de fumeurs ou d’ex-fumeurs dans 90 % des cas », expose la toxicologue.
La norme est-elle suffisamment sévère?
Si la concentration de radon décelée dans les écoles Saint-Marc et Notre-Dame-du-Foyer sont légèrement supérieure à la norme de Santé Canada, elle dépasse cependant largement celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est de 100 bq/m3. Le seuil autorisé au Canada est-il assez stricte? Oui, estime Mme Price.
« L’OMS recommande plutôt un intervalle qui va de 100 à 300 bq/m3. La valeur de Santé Canada se trouve donc à l’intérieur des normes de l’OMS et était conformatble avec la norme de 200 bq/m3. N’oublions pas que dans les autres pays, la valeur permise oscille souvent entre 200 et 400 bq/m3 », affirme Mme Price.
Or, lors de nos recherches, il nous a été impossible de mettre la main sur la référence faisant état de cet intervalle. Le site Internet fait plutôt mention de la norme du 100 bq/m3.
Pas de risques réels à Rosemont
À savoir si les taux de radon constatés aux écoles Saint-Marc et Notre-Dame-du-Foyer devraient inquiéter la population, Mme Price se fait rassurante.
« Non, pas du tout. Montréal n’est pas un territoire à risque pour les émissions de radon. On n’est pas une région problématique. Il y en a d’autres comme Oka, Mont-Saint-Hilaire ou la Gaspésie où les dangers sont plus grands. C’est pour cette raison qu’il y a eu une directive du ministère de procéder à des tests », conclut-elle.