Stratégie d'agriculture urbaine: Potagers, jardins de la biodiversité et agriculture commerciale
Au total, 12 saillies, situées en bordure de voies peu achalandées, seront accessibles aux citoyens pour qu’ils y pratiquent de la culture potagère. D’ailleurs, de tels jardins – fruits d’initiatives citoyennes – sont apparus aux quatre coins de l’arrondissement, au cours des dernières semaines.
Les intéressés n’auront pas à demander de permis. Toutefois, ils devront suivre certaines règles.
Les bordures pour délimiter les jardinets ne devront pas excéder 30 cm de hauteur et devront respecter un dégagement de 50 cm du bord de la rue. De la terre neuve devra être utilisée pour faire pousser les végétaux – d’une hauteur maximale d’un mètre –, la propreté des lieux devra être maintenue et les potagers devront être nettoyés et fermés au plus tard le 1er novembre.
Malgré ces précautions, la Direction de la santé publique (DSP) recommande de ne pas cultiver des aliments sur le domaine public, en raison de la présence de différents contaminants pouvant représenter un risque pour la santé.
Pour sa part, le maire de l’arrondissement, François W. Croteau, ne voit pas de paradoxe entre cette mesure et la position de la DSP
« On recommande toutefois aux gens de cultiver dans des bacs, car on ne peut pas garantir la qualité du sol. Si les gens décident tout de même de le faire, c’est à eux de mettre du nouveau terreau. On dit exactement la même chose que la DSP.
« Il n’y a pas de contradiction; ça fait plus de 200 ans que les gens jardinent et qu’il y a des chats qui pissent dans leur potager. Des contaminants, il y en a partout », insiste-t-il.
Avec cette initiative, M. Croteau souhaite que les citoyens se réapproprient l’espace public.
« Notre optique, c’est de ne pas encadrer ni réglementer. On sous-estime souvent l’intelligence des citoyens, car on pense qu’il y aura des conflits. On a souvent peur de lâcher prise. C’est déstabilisant pour certains, car on a pas l’habitude de faire ça au Québec », plaide l’édile.
Jardins de biodiversité
Un autre jardin d’une superficie de 36 mètres carrés, cette fois-ci dédié à la biodiversité, a été aménagé sur le terrain adjacent à la piscine Rosemont.
Ce projet, réalisé en partenariat avec l’Espace pour la vie, consiste à planter des variétés de végétaux indigènes, sans pesticides et engrais chimiques, pour attirer oiseaux et papillons monarques.
Cette mesure s’inscrit en continuité avec l’initiative de l’éco-quartier de créer sept ruelles vertes « amies des papillons ».
Cette oasis de biodiversité jouxtera un jardin collectif « non encadré », dès 2015. Une dizaine d’autres lieu du genre pourraient voir le jour un peu partout sur le territoire rosemontois.
RPP souhaite également créer, de concert avec l’Espace pour la vie, un réseau de biodiversité, reliant notamment les différentes ruelles vertes. Celui-ci favorisera la présence d’animaux et d’insectes pollinisateurs à Montréal.
Agriculture commerciale
Finalement, grâce à sa stratégie, RPP souhaite permettre l’agriculture commerciale en milieux commerciaux, industriels, institutionnels. Des fermes pourraient donc voir le jour sur des toits, dans des serres ou sur les terrains de RPP.
Pour ce faire, l’administration locale entend donc modifier son Règlement d’urbanisme. En plus d’autoriser l’usage agricole, ce changement permettra la vente sur place des récoltes par les producteurs, favorisant ainsi l’achat local.
S’il est trop tôt pour savoir combien d’entreprises du genre s’installeront dans l’arrondissement, le maire soutient que les fermes Lufa ont déjà fait du repérage à RPP, pour évaluer son potentiel de développement.
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Liste des saillies proposées (130 mètres carrés)
– Henri Julien / Dante (deux emplacements totalisant 38 mètres carrés)
– De la Roche / Jean-Talon (deux emplacements totalisant 25 mètres carrés)
– 6855 Cartier (quatre emplacements totalisant 17 mètres carrés)
– 2e Avenue / Beaubien côté nord (deux emplacements totalisant 25 mètres carrés) –
27e Avenue / Beaubien côté sud (deux emplacements totalisant 24 mètres carrés)
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