Opération dans les Lofts Iberville
Le maire de l’arrondissement était également sur place pour justifier cette soudaine action musclée, alors que depuis des années, des plaintes de résidents de l’endroit sont déposées auprès de la Régie du logement.
« On se retrouve ici dans une situation où il y a des gens qui ont effectivement porté plainte auprès de la Régie, mais qui habitent dans un bâtiment reconnu comme étant zoné commercial par l’arrondissement. On était donc limité dans nos inspections, puisque selon la réglementation en vigueur, on n’avait pas juridiction.
« Là, ce matin, on est ici pour inspecter tous les locaux et voir l’usage réel qui en est fait par les locataires. On a évidemment un doute sur les baux qui sont octroyés. Au final des inspections, si on voit qu’il y a des baux résidentiels, le propriétaire devra mettre conforme l’usage de ses bâtiments et déclarer qu’il fait de la location résidentiel. Il devra demander un changement de zonage pour continuer cette pratique. À ce moment-là, il devra mettre aux normes ses immeubles et se conformer à nos règlements », mentionne François W. Croteau.
Ce dernier se dit conscient qu’il existe un risque que Sam Fattal ne fasse pas une telle demande. « On mène cette action pour protéger les locataires contre un propriétaire qui néglige l’entretien et la salubrité de son bâtiment et, par le fait même, le bien-être des locataires. On ne veut pas mettre personne à la rue, bien au contraire. On veut les maintenir sur place mais faire en sorte que les lieux soit conforme et salubre pour l’habitation. Et on travaille avec le Comité logement Rosemont pour parer à la pire éventualité, soit celui de voir les gens quitter les locaux. Mais on ne souhaite vraiment pas un tel scénario. »
Il en coûte environ 900$ pour faire une demande de changement de zonage.
Des locataires qui se questionnent
Alors que les inspecteurs étaient à vérifier l’un ou l’autre des 31 locaux du 5455 D’Iberville, nous avons pu parler avec trois locataires de l’endroit, qui attendaient de rencontrer l’escouade municipale.
« Pour ma part, je déplore que des gens aient été se plaindre à la Ville, parce qu’ici, c’est une situation un peu particulière. Théoriquement, on n’est pas supposé y résider, mais la plupart des locataires habitent ici, carrément. Je dirais que 90 % des locataires habitent dans leur studio ou leur atelier », dit un locataire du premier palier.
Ce que confirme une résidente du troisième étage : « Ce n’est pas résidentiel en tant que tel, mais on y a notre studio, et on y habite, évidemment. On a donc nos bureaux et notre appartement pour un seul prix de loyer. »
Un autre locataire d’une unité située au sous-sol espère que les inspections contraindront le propriétaire à faire des rénovations à son bâtiment, « parce que là, il fait le minimum, c’est-à-dire pas grand-chose. Le solage coule de partout. On a toujours des problèmes de pompe, de refoulement. On a eu des punaises aussi. Et à chaque fois qu’on veut des changements, il faut se battre avec le proprio pour le minimum. Mais c’est drôle cette semaine, comme il savait que la Ville passerait avec des inspecteurs, ça été peinturé partout, j’ai vu des gars poser des poignées sur les portes coupe-feu, on a eu des inspections de nos avertisseurs de fumer. C’était bien la première fois! »