Saint-Laurent

L’inspirant parcours de Gilianne Abel

Gilianne Abel
Gilianne Abel a sorti deux albums durant sa carrière, qui ont été principalement vendus en France, Martinique et aux États-Unis. Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent Lavoie

La résidente du quartier Côte-Vertu dans Saint-Laurent, Gilianne Abel, qui a deux albums à son actif, faisait plusieurs tournées en Amérique du Nord au courant des années 2000. Aujourd’hui survivante de deux cancers du sein, la chanteuse d’expérience offre avec toute son énergie un seul spectacle par année.

Celle qui a grandi en Floride affichait une personnalité timide, solitaire. Mme Abel gardait pour elle sa passion pour la musique, en chantant en cachette dans les toilettes de son école primaire. À 12 ans, un professeur l’a surprise.

Peu de temps après, elle fait ses débuts dans une comédie musicale. «La musique m’a sortie de ma petite coquille et ça a commencé à mieux aller. J’ai joué de la flûte dans l’orchestre de l’école et je suis rentrée dans la chorale», dit la Laurentienne.

Mme Abel participe à plusieurs concerts durant son parcours scolaire, sans toutefois avoir une réelle formation en chant. C’est au cours des années 1980 qu’elle déménage au Québec pour amorcer des études supérieures en arts à l’Université Concordia.

Maladie

Gilianne Abel, qui maîtrise aujourd’hui plusieurs styles tels que le gospel et le jazz, a commencé à prendre des cours d’opéras en 1995, ce qui lui permettra de présenter régulièrement des concerts la fin de semaine. Sa vie a cependant été chamboulée une première fois trois ans plus tard, recevant un diagnostic cancer du sein. 

Guérie une première fois, la maladie récidive en octobre 2014, soit deux jours avant une prestation. «C’était l’écroulement. Beaucoup de larmes, beaucoup de pleurs», se rappelle-t-elle. 

Son mari, Roger Depestre, avait soulevé l’idée d’annuler le concert. «Aucune chance», avait-elle répondu sans hésitation. Dans les mois qui ont suivi, l’Haïtienne d’origine a subi plusieurs chirurgies, dont l’ablation des deux seins. 

Mme Abel, qui se définit comme une grande optimiste, n’a jamais perdu espoir. «Je suis le genre de personne que tu pourrais mettre sur une île et j’y trouverai mon bonheur. Je vis dans le moment présent», dit la Laurentienne.

Ce n’est qu’en 2017 que son combat contre le cancer a pris fin. Elle garde un précieux souvenir de son premier concert qui a suivi, à l’École de musique Vincent-d’Indy.

«Les gens sont venus et ont dit ‘on n’en revient pas que tu aies pu passer à travers tout ça et que tu sois de retour comme si rien n’était’», raconte la quinquagénaire. 

Aide

La maladie a laissé quelques séquelles. Si elle reste trop longtemps debout, elle souffre d’importantes douleurs au dos en raison des cicatrices. Les médecins ont dû retirer de la peau pour la reconstruction de ses seins.

Soucieuse de l’énergie qu’elle dépense quotidiennement, la chanteuse prend environ quatre mois pour préparer ses concerts. Avec les recettes, elle parvient à payer ses dépenses. Avec les surplus, elle vient à l’occasion en aide aux personnes qui assistent à ses concerts, notamment une dame qui avait des problèmes d’immigration.

Mme Abel montera sur scène le soir du 6 octobre à l’École de musique Vincent-D’Indy, sur le chemin Côte-Sainte-Catherine à Outremont.

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