La détermination de la Laurentienne Mary-Line Khalil Yachouhi
Le cheminement de la Laurentienne Mary-Line Khalil Yachouhi est loin d’avoir été sans embûche. Née avec la maladie de l’achondroplasie, un type de nanisme, la jeune femme de 19 ans parvient à progresser dans son parcours scolaire, malgré les opérations qu’elle a subies.
Sa persévérance lui a d’ailleurs valu au début du mois d’octobre le prix du coup de cœur à la 12e édition du Gala Forces Avenir, qui honore élèves, enseignants et projets s’étant démarqué dans la dernière année.

Les premiers défis rencontrés par la lauréate remontent à sa naissance. Pour les quatre premières années de sa vie, son corps n’était pas capable de respirer de façon indépendante, explique-t-elle. Une machine externe la gardait en vie.
C’est lorsque Mary-Line est âgée de onze ans qu’elle quitte le Liban vers le Québec avec sa mère et ses trois soeurs, entre autres, pour les soins particuliers que nécessite sa santé fragile. Contrairement au système québécois, les services de santé ne sont pas couverts par le gouvernement libanais.
Sa famille espérait aussi avoir plus facilement accès à des études supérieures. «Dans le début des années 2010, c’était difficile de trouver du travail et d’avoir une éducation qui peut ouvrir plusieurs portes», indique-t-elle.
Opérations
Le corps de la Laurentienne a été mis à rudes épreuves depuis son arrivée au Québec, ayant subi quatre nouvelles opérations.
«Les personnes qui ont une achondroplasie ont une ou deux opérations dans leur vie, ça varie», précise Mary-Line Khalil Yachouhi.
Deux opérations ont touché son cou et ses pieds pour lui permettre de marcher aisément.
Après une troisième opération, cette fois à une jambe, son système respiratoire a de nouveau fait des siennes à l’été 2018. Une intervention chirurgicale crânienne a été nécessaire.
«Ma mâchoire était en train de grandir normalement, mais le reste de mon visage restait comme une enfant», indique Mme Khalil Yachouhi. Cela provoquait une pression qui empêchait l’oxygène d’entrer dans son corps.
Un mois après l’opération, la Laurentienne était prête à entamer sa cinquième et dernière année à l’école secondaire Saint-Laurent. Elle a réussi avec une moyenne de 84%, malgré avoir manqué plus de 180 périodes de cours, en raison notamment de ses traitements médicaux réguliers.
«Il y a encore des défis qui m’attendent. Il y en a tous les jours, mais il faut les conquérir, dit-elle. Je peux réussir, je suis capable de persévérer.»
Mme Khalil Yachouhi salue d’ailleurs le soutien psychologique du personnel enseignant lors des périodes plus difficiles, ce qui lui a permis de graduer.
Avenir
La Laurentienne a amorcé ses études au Collège Vanier en septembre en sciences humaines avec mathématiques.
Elle a choisi ce programme pour la variété des sujets étudiés, comme l’histoire et la psychologie.
Si l’étudiante est indécise sur l’emploi qu’elle compte avoir plus tard, elle prévoit faire de la recherche à l’université et peut-être devenir professeur.