Boulevard Cavendish: le premier coup de pelle espéré en 2017
Le prolongement du Boulevard Cavendish aura bel et bien lieu. C’est du moins ce qu’a annoncé le responsable des transports au comité exécutif de Montréal, Aref Salem, lors du forum sur le raccordement de Cavendish. Une annonce qui laisse la communauté des affaires montréalaise sceptique.
« Le consensus est présent, affirme Aref Salem. Oui, il est un peu fragile, mais la volonté est là. Pour la première fois de l’histoire, tous les ingrédients et les acteurs essentiels sont rassemblés afin qu’on puisse entreprendre le projet bientôt. Selon nos calculs, on pourra aller de l’avant avec la première pelletée de terre dès 2017. »
L’objectif de la prolongation du boulevard Cavendish est de compléter le réseau routier, en créant un lien nord-sud entre Côte-Saint-Luc et l’arrondissement de Saint-Laurent, ainsi qu’un lien est-ouest jusqu’au boulevard Décarie, notamment dans l’objectif de désengorger la circulation dans le Centre-Ouest de Montréal.
En début de mandat, le maire de Montréal Denis Coderre a fait du dossier l’une de ses priorités. Huit millions ont été investis dans de nouvelles études sur les retombées économiques et les avantages du prolongement en juin dernier. Le gouvernement du Québec a déjà promis de verser 4 M$ pour soutenir la réalisation du projet.
Monsieur Salem explique que « les études ont débuté en mars 2014. Dès que les premiers plans seront sur la table, le projet devra être évalué par le BAPE, qui nous dictera les ajustements nécessaires avant qu’on puisse aller de l’avant. On parle d’un processus d’environ 18 mois. »
Un dossier trop lent
William Habib, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Laurent-Mont-Royal, se réjouit qu’une ouverture ait été annoncée aujourd’hui. « C’est la première fois que tous les astres sont alignés dans ce dossier. Tous les paliers du gouvernement sont sur la même longueur d’onde. Je pense donc qu’on est réellement prêt à bouger. » Le président reste toutefois sur ses gardes, puisque de nombreuses promesses similaires ont été faites par les différents gouvernements depuis les années 80. Il est aussi d’avis que le dossier devrait avancer beaucoup plus rapidement.
Selon la chambre de commerce, les nouvelles études sont loin d’être nécessaires. Dans un communiqué publié cette semaine, on pouvait lire que « les retombées économiques engendrées par le raccordement Cavendish ont été maintes fois démontrées, tant au niveau du désengorgement des zones industrielles de Saint-Laurent et de Mont-Royal, de l’amélioration de la fluidité des transports, d’un meilleur accès à la station de métro Namur et du développement de l’ambitieux projet résidentiel Hippodrome. »
Annoncé une première fois durant les années 60, le projet Cavendish n’a été jusqu’à maintenant qu’une série d’annonces et d’études, sans jamais se concrétiser. Des études majeures ont été effectuées en 1981, 1988, 1992, 1995, 1996 et 2000, « pratiquement à chaque nouveau gouvernement », comme le souligne le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.
Selon lui, chaque délai supplémentaire augmente les chances de changement au niveau de la gouvernance politique. « Le support politique est toujours fragile, plus particulièrement dans le cadre d’un projet qui se déploie en plusieurs phases, comme celui qui nous occupe. Lorsque les politiciens changent, les priorités changent, et le financement aussi. Cavendish, il faut que ça se passe maintenant, » a-t-il ajouté.
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