Jeunes et politisés
En attendant que les jeunes finissent leurs devoirs, Pathé Gueye, coordonnateur jeunesse au Centre communautaire Bon courage, explique l’objectif du programme Agora. «L’idée, c’est de les impliquer dans la vie citoyenne. Il y a un besoin. On veut les sensibiliser à leurs droits, leur faire découvrir les instances politiques.»
M. Pathé croit que la désaffection des jeunes en politique n’est pas due à un manque de volonté. «Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas s’engager, c’est qu’ils ne savent pas comment le faire.» Les activités du programme visent à les informer de leurs droits, mais aussi «à les amener à s’imposer des devoirs, par rapport à eux-mêmes face à leur famille et la communauté».
Plusieurs adolescents de 12 à 18 ans participant au programme viennent d’ailleurs. Une jeune Camerounaise dit qu’Agora la beaucoup aidée. «Au Cameroun, tout est différent. J’ai appris beaucoup de choses ici, comme la différence des rôles joués par les ministres. C’est le fun parce que je suivais les élections à la lettre cet été», dit-elle devant le coordonnateur souriant!
«Je lis le journal local. Je suis curieuse. Il y a toujours une information qu’on ne connaissait pas», dit la jeune femme, qui souhaite en apprendre plus sur son pays d’accueil.
Christelle Dombou, nouvellement arrivée au pays, constate qu’elle s’adapte mieux et plus rapidement à son nouveau quartier grâce au Centre communautaire Bon Courage. «C’est plus facile. Ça m’a beaucoup aidée de faire des sorties, des ateliers. Sans le centre, je ne pourrais pas m’exprimer.»
Des idées plein la tête
Actifs dans leurs quartiers, les jeunes participants débordent d’idées pour l’améliorer. Jireesse Wammbo, fait partie d’Agora depuis sept mois. Avec ses amis, il s’est rendu au conseil et a posé des questions aux élus.
«C’était le fun de les voir personnellement et de voir comment ils sont organisés», se remémore-t-il. Ses demandes, qui touchaient le déneigement, ont été prises au sérieux, selon lui.
Armée de son esprit critique, Assia Jaid exprime son désaccord. «D’après moi, la seule chose qu’ils faisaient, c’était de nous diriger vers quelqu’un d’autre. Ils ne répondaient pas à nos questions: ils détournaient les questions.»