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« Pas à savoir ça » – Tremblay

Foisy Philippe-Vincent - TC Media
Gérald Tremblay savait que son parti, Union Montréal, recevait du financement illégal, mais n’a rien voulu faire, a affirmé Martin Dumont, ancien organisateur et conseiller du maire.

Lors d’une rencontre avec M. Dumont et M. Tremblay, pendant une élection partielle dans Saint-Laurent en décembre 2004, l’agent officiel du parti, Marc Deschamps, aurait expliqué qu’il y avait un budget officiel et officieux, respectivement de 43 000$ et 90 000$. Les dépenses se limitent normalement à 46 000$.

« Gérald Tremblay s’est levé et a dit en quittant la salle : je n’ai pas à savoir ça », a raconté M. Dumont devant la Commission Charbonneau, mardi.

Cette caisse occulte a financé une élection qui visait, ironiquement, à remplacer deux élus reconnus coupables de corruption, Irving Grundman et René Dussault.

Martin Dumont a été témoin, à d’autres reprises, de financement douteux, voire illégal, pour remplir les coffres du parti Union Montréal.

Outre le coffre-fort trop plein pour fermer de l’ex-argentier du parti, Bernard Trépaner, M. Dumont a aussi vécu des situations délicates qui l’ont « estomaqué ».

Première enveloppe

Lors d’un cocktail de financement au Buffet Antique, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, en novembre 2004, Nicolo Milioto, de Nivela Construction, l’a invité à la salle de bain.

«  J’ai refusé, il m’a dit : tu ne comprends pas », a expliqué celui qui l’a finalement accompagné.Devant les urinoirs, M. Milioto, alias « M. Trottoir », lui a remis une enveloppe contenant environ 10 000$. M. Dumont l’a remise à M. Trépaner. À deux autres reprises au cours de la soirée, il a dû refuser ce genre d’invitation, recommandant aux donateurs de s’adresser eux-mêmes à l’argentier.

M. Trépaner lui a d’ailleurs lancé, en fin de soirée lors d’une allocution du maire Gérald Tremblay : « J’ai de la misère à ferme mon jacket, j’ai trop d’enveloppes dans mon veston. »

Après ce cocktail, M. Trépaner a aussi demandé à M. Dumont de se rendre à Laval pour récupérer « 50 000 documents », soit 50 000$,  du propriétaire du restaurant Onyx, Tony Accurso. M. Dumont n’a finalement pas eu à rencontrer l’ex-propriétaire de Louisbourg Construction.

Payé comptant

Lors du référendum sur les défusions municipales, M. Dumont a constaté que certains téléphonistes, qui travaillaient dans le local électoral du Non dans Anjou, à quelques pas de l’hôtel de ville, ont été rémunérés en argent comptant.

Il a compris que ces dépenses n’étaient pas incluses dans les dépenses officielles, quand il a vu le budget officieux et officiel de M. Ouellet, à l’élection partielle de ville Saint-Laurent.

« Dans la colonne officielle pour les téléphonistes, il y avait 5000$ et dans l’officieux, ça tournait autour de 18000$ », a-t-il précisé.

Questionné sur son mutisme lorsqu’il a été confronté aux faits, M. Dumont a répondu qu’il  avait pensé appeler le Directeur général des élections ou la police, mais que personne ne l’aurait cru.

« Le système est tellement gros, a-t-il lancé. Je m’attaquais à l’establishment de la Ville, au Comité exécutif, à des comptables qui apposent leur signature. »

Il a reconnu qu’il s’agissait d’une erreur, mais n’a pas dénoncé la situation parce que même son chef s’aveuglait volontairement.

« Je comprends que je ne peux même pas en parler au maire : il ne veut rien savoir. »

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