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Outiller les immigrants

Savez-vous lire une facture d’Hydro-Québec? Ce qui semble si évident pour bien des Québécois de souche ne l’est pas nécessairement pour les nouveaux arrivants qui évoluent dans toute une nouvelle réalité financière. Afin de répondre aux besoins toujours changeants de sa clientèle composée de plus en plus d’immigrants, l’ACEF du Nord offre des ateliers de sensibilisation adaptée aux transformations démographiques. Ces ateliers peuvent maintenant être donnés à Saint-Laurent. 

Dans ces ateliers, on découvre quels sont les modes habituels de paiement dans les magasins. Autre pays, autres mœurs de consommation.« En France on paye beaucoup par chèque, ce qui n’est pas le cas ici », fait remarquer Isabelle Dauphin, conseillère budgétaire à l’ACEF du Nord de Montréal. Dans ces rencontres, on apprend comment utiliser la carte crédit et de débit. Les ateliers abordent une foule de sujets pertinents aux nouveaux arrivants comme les dangers potentiels des transactions « achetez maintenant, payez plus tard » et les astuces pour payer moins cher son épicerie.

Ces rendez-vous répondent aux préoccupations des nouveaux arrivants. Pour franchir la barrière de la langue, les ateliers comportent plusieurs mises en scène et exemples concrets. Par exemple, l’animateur commence certains ateliers en demandant aux participants de signer un document sans queue ni tête. Cet exercice a pour but de sensibiliser les gens à l’importance de lire ce qu’on signe, « afin qu’ils se mettent dans la peau d’un consommateur pour qu’ils se questionnent la prochaine fois », ajoute Mme Dauphin.

Population vulnérable

Il arrive que les nouveaux arrivants soient la cible de publicités pour produits financiers qui ne leur conviennent pas. « Avec des produits comme les régimes enregistrés d’épargne-études, les parents placent de l’argent pour les études de leurs enfants, mais ils n’ont pas la capacité de le faire. On leur vend des produits inadaptés », estime Mme Dauphin. 

Les nouveaux arrivants sont plus vulnérables selon elle, car ils doivent faire des achats importants en s’installant dans leurs pays d’accueil. « On leur dit qu’il faut une certaine somme vivre trois mois ici et s’installer, mais c’est pas assez, ça ne correspond pas au coût réel », pense Mme Dauphin. Par manque d’antécédents bancaires canadiens ou à cause d’une situation financière difficile, il leur est plus ardu d’obtenir une carte de crédit en passant par une institution bancaire dont les taux d’intérêt avoisinent les 19 %. Conséquemment, ils se tournent vers les cartes de crédit des magasins dont les taux sont d’environ 29 %, explique la conseillère. Ceci peut avoir des répercussions graves à long terme, estime-t-elle.

 

À la rescousse

Afin d’épauler les nouveaux arrivants dans leurs décisions financières, l’ACEF  mise sur  la prévention « Ils savent qu’ils font des erreurs, souvent un an plus tard, alors qu’ils ont des dettes. Ils ont de la difficulté à comprendre le système, ils ne le comprennent pas du tout. On doit faire connaitre l’ACEF. On voit des immigrants un an après leur arrivé , et c’est la catastrophe. Il serait préférable de travailler en amont se faire connaitre avant pour les accompagner » dit Mme Dauphin.

En plus d’offrir des ateliers, l’organisme, fait découvrir les ressources déjà existantes du quartier, comme les friperies et le dépannage alimentaire. « Il y a souvent une méconnaissance des ressources chez les nouveaux arrivants », estime la conseillère.

Pour plus d’information sur les bonnes habitudes financières, Isabelle Dauphin au 514-277-7959 pour de plus amples renseignements sur les ateliers pour les nouveaux arrivants.

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