Sotchi 2014 : un rêve devenu réalité pour Eric Radford
Le périple olympique d’Eric Radford s’est amorcé il y a un peu plus d’une semaine, à Ottawa, lors des derniers Championnats canadiens de patinage artistique. Grâce à un score de 213,62 – un record canadien – Radford et sa partenaire, Meagan Duhamel, ont monté sur la plus haute marche du podium. Mais ce troisième titre national consécutif revêt quelque chose de bien plus spécial que ceux qui l’ont précédé; celui-ci leur garantit un billet pour les jeux de Sotchi.
« Je ressens à la fois du soulagement, de l’excitation et de la fierté. Meagan et moi, nous avons attendu ce moment si longtemps. C’est un rêve devenu réalité. »
Ce rêve a pourtant passé bien près de ne jamais se réaliser. Lors des Championnats canadiens de 2010, le patineur artistique de 28 ans a échoué dans sa tentative de se qualifier pour les jeux de Vancouver. La déception a été si vive qu’il a pensé mettre un terme à sa carrière.
« J’étais incertain de ce que j’allais faire de ma vie. Je ne savais même pas si le patinage en ferait encore partie », raconte-t-il.
S’il n’a pas abandonné, c’est en grande partie dû à son entraîneur. Celui-ci l’a convaincu de se donner une dernière chance et lui a suggéré de faire équipe avec Duhamel, une patineuse de Lively, en Ontario. Radford a décidé de tenter le coup malgré les doutes.
« Bien que le premier essai n’a pas été aussi concluant que nous l’aurions voulu, notre entraîneur nous a demandé de prolonger l’expérience d’une semaine. Au final, il a eu raison sur toute la ligne puisque la chimie a fini par s’installer. Notre relation, tant sur la glace qu’à l’extérieur de la patinoire, est fantastique. »
Depuis qu’ils font équipe ensemble, les choses vont bien pour les deux athlètes qui s’entraînent sous la supervision de Richard Gauthier et Bruno Marcotte au Club de patinage artistique Saint-Léonard. Non seulement dominent-ils la scène canadienne depuis trois ans, mais ils brillent également à l’international. En 2012-2013, le couple a terminé troisième aux Championnats du monde et premier au tournoi des quatre continents. La qualification olympique, c’est le fruit de plusieurs années de travail acharné.
« C’est sans aucun doute le moment le plus excitant de ma vie. Nos visages sont placardés sur des panneaux publicitaires et des photos de nous se retrouvent dans les vitrines du magasin La Baie. J’ai aussi beaucoup d’amis auxquels je n’ai pas parlé depuis des années qui m’appellent pour me dire qu’ils sont heureux pour moi. L’énergie qui entoure les Jeux olympiques est puissante, et maintenant que je sais que je vais y aller, je peux vraiment la ressentir. »
Radford ne s’en cache pas, il croit qu’une médaille olympique est à sa portée. Mais pour atteindre son objectif, il devra faire abstraction du tourbillon médiatique qui l’entoure pour se dévouer à son travail sur la glace.
« Nous avons une besogne à accomplir et nous allons nous y consacrer durant les prochaines semaines en nous entraînant de la même façon que nous le faisons toujours. Cette routine nous a bien servis ces trois dernières années et nous voulons la garder. »