À Saint-Léonard, comme ailleurs, pas facile de vendre la culture
Ce n’est pas facile ces jours-ci dans le domaine des arts et du spectacle.
En 2013, selon les dernières données de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), l’assistance et les revenus de billetterie des salles de la province ont chuté de 8 % et 14 %, respectivement, par rapport à 2012. C’est la baisse annuelle la plus importante depuis 2004.
À Montréal, la situation est carrément inquiétante – on y a connu la plus faible moyenne de fréquentation en 10 ans.
« Présentement, il est difficile d’attirer les gens à consommer plus de culture. Ce qu’on voit un peu partout, c’est qu’il y a de plus en plus de difficultés à remplir les salles de théâtre et de spectacle. Dans ces circonstances, on est très satisfaits de ce qu’on a comme assistance. On n’en perd pas, on progresse », soutient Steeve Beaudoin, directeur des affaires publiques et du développement communautaire à l’arrondissement de Saint-Léonard.
L’an dernier, la moyenne de fréquentation des spectacles tarifés présentés par l’arrondissement s’est hissée à 219, une augmentation de 5,8 % par rapport à 2012 – 2013. On espère que la programmation 2014 – 2015 permettra de l’augmenter encore plus.
Œuvres populaires
Pour atteindre l’objectif, on compte d’abord sur une sélection d’œuvres que l’on estime attrayante.
« On amène toujours dans nos programmations ce qu’on appelle des valeurs sûres. Des spectacles qui ont des artistes connus dans leur distribution, qui ont fait leurs preuves ailleurs ou qui sont populaires », explique M. Beaudoin.
Cette année, entre autres, des spectacles gratuits de François Léveillée et des finissants de l’école Nationale de l’humour sont prévus. Sur les planches, on annonce la présentation de la pièce Les Voisins, œuvre mythique écrite par Louis Saïa et Claude Meunier, ainsi que Les Chroniques de Saint-Léonard, mettant en vedette Émilie Bibeau et Jean-François Legendre.
L’objectif : offrir des créations de qualité qui attireront un maximum de spectateurs tout en accordant une place aux œuvres artistiques un peu moins accessibles au grand public.
Mais le choix des spectacles offerts n’est pas exclusivement du ressort de l’arrondissement.
La ville de Montréal a un service de la culture qui identifie un certain nombre de spectacles. Ceux-ci sont subventionnés et proposés aux arrondissements. Ces derniers peuvent donc présenter des événements culturels à coût moindre et, ultimement, bonifier leur programmation.
« Il faut y aller avec l’offre et la demande et, évidemment, ce qui est disponible sur le marché. On essaie de présenter des pièces qui peuvent attirer le plus de monde possible », affirme M. Beaudoin.
Vendre plus d’abonnements
L’arrondissement se dit à l’écoute des habitués du centre Leonardo da Vinci, particulièrement ceux qui achètent des forfaits, le « pain et le beurre » du service culturel.
« On essaie de répondre aux besoins de nos citoyens, de ceux qui fréquentent nos activités et de ceux qui ont un potentiel de les fréquenter. On essaie de se coller aux gouts et aux intérêts des citoyens de Saint-Léonard », poursuit M. Beaudoin.
Certaines représentations très populaires – comme Marius et Fanny, présenté la saison dernière – réussissent à faire salle comble, propulsées par la vente de billets individuels.
Mais normalement, ce sont les quelque 200 abonnées qui forment le cœur des assistances.
Vendre plus d’abonnements pourrait donc aider à hausser la moyenne de fréquentation des spectacles.
Cette année, on a décidé de revoir la formule afin de la rendre moins contraignante. Les consommateurs peuvent choisir parmi une plus grande sélection de forfaits à la carte.
Et comme la grande majorité des abonnés sont des personnes âgées, on a ajouté des représentations en après-midi, une plage horaire mieux adaptée à ceux et celles qui préfèrent se coucher un peu plus tôt.
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